Enjeux

« Notre profession se regroupe »

Les constructeurs de maisons individuelles (CMIstes) ont réalisé une belle année 2016. Quid de 2017 ?

L’année 2017 sera excellente en termes de production et sans doute en matière de réservations. Au premier trimestre 2017, nous enregistrons une forte hausse des prises de commandes de maisons individuelles de 15,8 %.

Ces résultats sont liés au bon calibrage du prêt à taux zéro (PTZ) et du dispositif Pinel et à la légère remontée des taux d’intérêt, qui incite les acheteurs à sauter le pas. En parallèle, nous prévoyons un taux habituel de déperdition de 10 à 15 %, principalement lié aux problèmes de financement pour la promotion ou à l’achat du terrain pour la maison.

Craignez-vous des tensions, tant en termes de main-d’œuvre que de prix ?

Sur les chantiers, nous anticipons une augmentation de l’activité de l’ordre de 20 %. Il va falloir trouver des bras pour construire toutes ces maisons supplémentaires car cette tendance est nouvelle, et les entreprises s’étaient adaptées au marché baissier en réduisant la voilure. En parallèle, de nouvelles sociétés se créent, et les CMIstes doivent faire preuve de vigilance sur la qualité des services proposés par ces prestataires. Du côté des prix, nos contrats sont généralement indexés sur l’indice BT01 qui répercute les hausses de coûts de la construction, de main-d’œuvre, etc. Nous veillerons à ce que les clients puissent financer les hausses potentielles de tarifs. S’ils n’arrivent pas à les compenser, nous reverrons nos prestations pour que le projet soit tout de même mené à terme.

Comment évolue la profession ?

Face à la complexification du métier, nous assistons au regroupement des acteurs. En 2006, nous dénombrions 3 000 constructeurs de maisons individuelles contre 2 000 en 2015. Le nombre de CMIstes livrant moins de 20 maisons par an est passé de 2 000 en 2006 à 1 300 en 2015.

Aujourd’hui, 6 % des professionnels réalisent 50 % du marché.

Quel est l’impact de l’obligation de recours à un architecte pour les habitations de plus de 150 m² ?

Environ 10 % des maisons livrées mesurent plus de 150 m². Cette obligation a peu d’impact sur les CMIstes qui réalisent des opérations de promotion, car ils collaborent très souvent avec un architecte. D’une manière générale, sur les grandes habitations, l’intervention d’un architecte demeure souhaitable.

Nous avions l’habitude de travailler avec cette profession. Pour autant, les prix de sortie risquent d’augmenter.

Qu’attendez-vous du prochain gouvernement ?

Nous espérons qu’il maintiendra les dispositifs qui fonctionnent, comme le PTZ et le dispositif Pinel. Nous demanderons également qu’il n’y ait plus de nouvelles normes durant le prochain quinquennat, en dehors de celles qui ont déjà été enclenchées (RE 2018 et RBR 2020). Par ailleurs, il serait pertinent de simplifier les démarches pour lutter contre les recours abusifs.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X