Enjeux

« Notre diversification renforce notre indépendance »

Mots clés : Enfance et famille - Entreprise du BTP - Industriels du BTP - Politique des transports

Premier groupe familial français de BTP, Fayat fête ses 60 ans mais continue de grandir.

Pour son président, l’avenir passe aussi par le numérique et le Grand Paris Express. Entretien avec Jean-Claude Fayat, président du groupe Fayat.

Il est à la tête, avec son frère Laurent (directeur général), du premier groupe familial français de BTP, fondé il y a 60 ans à Libourne par leur père, Clément Fayat. C’est un Jean-Claude Fayat serein qui a reçu « Le Moniteur » dans les (discrets) locaux que l’entreprise détient à Paris (XVIe arrondissement). A 59 ans, le président dirige depuis 2013 un groupe en forme (3,5 Mds € de chiffre d’affaires en 2016 et une croissance attendue cette année de + 3 % à périmètre comparable), qui se développe sur plusieurs fronts et prépare sa révolution numérique.

Vous avez conclu début octobre le rachat de Dynapac.

Est-ce une opération particulière pour le groupe ?

En effet. Dynapac, dont nous venons de finaliser le rachat auprès d’Atlas Copco, c’est 1 280 salariés et 309 millions d’euros de chiffre d’affaires dans 37 pays. Cela faisait longtemps que nous suivions cette division de matériels routiers. C’est une étape décisive, car ce rachat nous renforce de façon significative dans ce métier du matériel et à l’international.

Dynapac pèse près de 10 % de votre chiffre d’affaires annuel. Votre groupe est-il en train de changer ?

Non, non. C’est même le contraire, nous sommes plus que jamais un groupe à la fois familial et farouchement indépendant. Nous nous battons pour cela depuis 60 ans. L’activité de Dynapac est l’un de nos sept métiers de base autour du BTP. Cette diversification est notre force, et il n’y a pas de changement dans les grands axes.

En 60 ans, votre groupe s’est toujours construit au travers de nombreuses acquisitions. Pourquoi ?

Cela résulte de la volonté de mon père, Clément, dont la philosophie, empreinte de bon sens paysan, reste plus que jamais celle de notre groupe : nous ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier. « Nous faisons un métier difficile, avec des risques », dit-il souvent. Les grandes dates de notre histoire sont celles qui touchent à la diversification : l’intégration de Castel et Fromaget, en 1977, marque notre entrée dans la charpente métallique ; les rachats d’Ermont en 1987 et de Marini en 1988, notre arrivée dans l’industrie du matériel routier, suivie de l’internationalisation avec l’acquisition, en 2004, de l’allemand Bomag, leader aux Etats-Unis. Quant au rachat de Razel, en 2009, il nous a permis de devenir leader dans les travaux publics.

« Nous sommes candidats au lot de la ligne 16 du Grand Paris Express. Et nous y allons pour gagner. »

Comment intégrez-vous ces cultures différentes au sein de Fayat ?

Nous parvenons à les additionner. La culture de Fayat n’est pas fixe, elle est vivante. Pour Dynapac, bien sûr, nous avons notre vision, nos méthodes… Mais nous allons aussi écouter ce qu’ils font. Nous n’arrivons pas en disant que l’on sait tout ! A mes yeux, c’est comme cela que notre groupe s’est constitué.

Avez-vous songé à renommer vos quelque 150 filiales ?

Non, jamais ! Les équipes ont défendu un drapeau pendant des années, alors nous n’allons pas leur dire tout à coup : « Ce drapeau, vous l’enlevez et vous le remplacez. » Ce ne serait pas judicieux. Nous avons toujours protégé les marques que nous avons rachetées. En revanche, on accole à leur logo le losange de Fayat.

Quelles sont vos méthodes de management dans ce...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5947 du 03/11/2017
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