Architecture Technique Charpente

Notre-Dame de Paris dévoile son ossature

Mots clés : Architecte - Charpente - Établissements de culte, funéraire - Ossature - Tourisme

Deux architectes ont travaillé durant un an pour pallier l’absence de relevé de la charpente de la cathédrale.

La cathédrale Notre-Dame bâtie sur l’île de la Cité à Paris est l’une des plus documentées de France. Pour autant, lors de la visite de sa charpente dans le cadre de leurs études d’architectes du patrimoine, Rémi Fromont et Cédric Trentesaux découvrent qu’il n’en existe pas de relevé exhaustif. Ils décident de réaliser ce travail dans le cadre de leur stage de fin d’études. C’est en mars 2014 qu’ils vont gravir une nouvelle fois les 193 marches qui mènent à la charpente.

Dans l’intervalle, ils rassemblent les documents disponibles dans les ouvrages « Les Compagnons Passants du Devoir, L’Encyclopédie des Métiers d’Art, La charpente, tome 1 », Henri Deneux, 1927 et « Fonds Viollet-le-Duc » à la Médiathèque du patrimoine. Les recherches comprennent également une étude de dendrochronologie. Cette méthode scientifique étudie la croissance radiale des arbres à partir du nombre et de l’épaisseur des cernes du bois. Leur analyse statistique permet de dater les essences dont la production saisonnière varie en fonction du climat. « Selon ces données, la charpente comporte des bois issus d’arbres abattus au XIe siècle. Ils pourraient dater de l’origine du bâtiment dont la construction s’est déroulée entre 1163 et 1345 », indique Cédric Trentesaux.
Pendant un an, les deux architectes passent en moyenne une journée par semaine au cœur de la charpente. Pour la nef et le chœur, c’est-à-dire sur 100 m de long, 26 fermes maîtresses ont été recensées avec une centaine de chevrons formant fermes, soit des éléments typiques des charpentes médiévales. Par ailleurs, afin de limiter les efforts horizontaux en tête des maçonneries, hautes de 36 m, les architectes notent de nombreux entraits travaillant en tirants. Si l’usage d’un scanner 3D a été envisagé, les spécialistes ont finalement opté pour des relevés manuels complétés par les données issues d’une station totale de géomètre. La précision est ainsi de l’ordre du centimètre. Grâce aux détails des assemblages, marquages et réparations diverses, ils constatent déjà que la plupart des documents disponibles sont partiellement erronés. Des questions se posent également sur le montage de la charpente et sur l’ordre des opérations. Elles devraient faire l’objet de nouvelles études. Notre-Dame n’a pas fini de révéler ses secrets.

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