Régions Travaux publics

« Nos entreprises manquent de visibilité »

Mots clés : Béton - Efficacité énergétique - Etat et collectivités locales - Travaux publics

34 M€ Dotation de compensation versée par le Nord à la métropole européenne de Lille pour 3 transferts de compétences.

364 052 m3 de béton prêt à l’emploi produit en Normandie sur les trois derniers mois à fin février 2017 (+ 2 %).

16 mois de vie de la SAEML Orrel qui gérait le tiers financement d’opérations de rénovation énergétique en Hauts-de-France.

Bernard Duhamel a été élu, fin 2016, président de la fédération régionale des travaux publics (FRTP) des Hauts-de-France qui réunit 620 entreprises, 26 000 salariés, pour un chiffre d’affaires 2,88 milliards d’euros. Il fait le point pour « Le Moniteur » sur la situation difficile des entreprises du secteur qui ont accusé un recul de 25 % de leur activité dans la région entre 2013 et 2016.

M. Les travaux publics se portent mal dans la région avec une reprise qui tarde à se faire sentir. Pourquoi ?

Le moteur de la commande publique, qui représente la majorité de nos chantiers, est en panne. Les collectivités ont tendance à moins investir, les départements sont particulièrement déprimés, avec des finances sous tension. Même si des projets vont sortir, les entreprises manquent de visibilité. C’est pourquoi nous sommes moteurs en matière de collecte de données pour alimenter l’Observatoire régional de la commande publique. Nous demandons aux donneurs d’ordre de nous fournir des prévisions. Si certains sont encore frileux, d’autres commencent à jouer le jeu, comme la métropole européenne de Lille que nous avons rencontrée récemment sur ce sujet.

M. Existe-t-il des pistes de croissance ?

Les principaux chantiers du moment sont ceux des bus à haut niveau de service du bassin minier, de Dunkerque, d’Amiens et bientôt de Calais. Mais dans deux ans, quand les travaux vont s’achever, quel relais d’activité aurons-nous ? Nous comptons sur l’éolien offshore , le zoo d’Amiens ou la liaison Creil-Roissy… On peut imaginer aussi utiliser plus fortement le savoir-faire de l’entreprise dans son domaine avec un recours plus large aux variantes des appels d’offres ou encore des marchés globaux de performance. Par exemple, garantir un taux de fuites limité sur les réseaux d’eau. Cela permettrait de lisser notre activité et de ne pas laisser le patrimoine se dégrader. Ainsi, le taux actuel de 0,6 % de renouvellement des réseaux d’eau en région implique que ces derniers durent plus de deux cents ans !

M. Le canal Seine-Nord pourrait-il être remis en cause ?

Globalement, nous sommes rassurés, le gouvernement semble vouloir soutenir ce dossier. Mais les premiers coups de pioche ne sont pas attendus avant 2019. Et beaucoup de marchés ne seront accessibles que par les grands groupes. Pour que le chantier profite aux PME, et pas seulement en sous-traitance, il faudra recourir à l’allotissement. On pourrait imaginer massifier les lots principaux pour réduire les interfaces et optimiser les délais, mais réserver certains travaux comme les déviations ou les aménagements pour des lots de petite taille qui ne dépasseraient pas 10 M€ afin que les PME puissent y accéder. Pour les clauses d’insertion, il faut qu’un organisme leader puisse les piloter. A ce sujet, ce que fait le groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification BTP pour garantir des parcours cohérents est très intéressant. Il faut se battre pour que les travaux dans la région donnent leur chance aux entreprises locales et soient source d’emploi pour la population.

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