Régions SPECIAL INNOVATION

Normandie – Une grange en chaux-chanvre bien connectée

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE - Innovations - Produits et matériaux

Cette grange à colombages du début du XIXe siècle sise à Heudreville (Eure) cache bien son jeu. Une fois rénovée, elle dissimulera derrière ses murs et enduits en chaux-chanvre des trésors de technologie. Objectif pour Lafarge France, à l’origine du projet : mieux comprendre le comportement de ce matériau biosourcé et valider ses qualités techniques. La rénovation du bâtiment est donc l’occasion de truffer les murs et même le sol de capteurs. « L’installation au cœur des matériaux d’une centaine de points de mesure nous permettra de suivre à distance la température et l’hygrométrie de ce “ béton ” de chanvre. Ces données seront d’autant plus précieuses qu’il est très rare de pouvoir étudier le comportement de matériaux in situ », se félicite Christophe Lanos, directeur du laboratoire de génie civil et de génie mécanique de l’IUT de Rennes.

Confort thermique. Le laboratoire a noué avec Lafarge un partenariat afin d’étudier durant au moins deux ans les données collectées grâce à cette instrumentation. « Le fait de disposer de mesures d’hygrométrie est quelque chose de nouveau. Ce paramètre était jusqu’ici peu suivi. Or, pour le béton de chanvre, il est essentiel car sa capacité à absorber l’humidité pour la restituer ensuite en fait un très bon régulateur », souligne Florent Dubois, ingénieur construction durable chez Lafarge France. L’objectif à terme pour l’entreprise est de valoriser dans la réglementation thermique la sensation de confort que procure ce matériau, une donnée qui n’est pas prise en compte actuellement.

Au fur et à mesure de la rénovation de ces quelque 50 m de grange, les sondes destinées à mesurer température et hygrométrie sont placées au cœur des parois des murs nord et sud. « Afin de comprendre comment les transferts hydriques se font entre les différents matériaux, nous en mettons en pied de mur, dans le béton de chanvre entre les colombages, et au droit des colombages », précise Christophe Lanos.

Déjà « coulée », la dalle inférieure du bâtiment, réalisée en béton de liège, a été équipée d’un thermocouple qui mesure uniquement la température, ce matériau ne stockant pas l’humidité. A partir de juillet, une fois les travaux terminés, la grange transformée en laboratoire invisible enverra, en toute discrétion, ses données vers la Bretagne.

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