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Nord Succès et succession pour Bertrand et Thomas Coldefy

Mots clés : Architecte - Architecture - Concours d'architecture - Rénovation urbaine

Une nouvelle fois lauréate d’un grand concours international, l’agence Coldefy confirme ses ambitions. Le fondateur, Bertrand Coldefy, passe progressivement les rênes de l’agence à son fils Thomas, sur fond de succès en série.

Avec l’attribution du projet de construction du Centre international de conférences de Ouagadougou au Burkina Faso (voir rubrique Instantanés de ce numéro, p. 9), l’agence Coldefy gagne son second concours international d’architectes. Un essai transformé après sa désignation comme lauréate du concours, remporté fin 2006, de l’Institut du design de Hong Kong dont la construction est maintenant en cours. « Cette nouvelle réussite internationale montre que le projet de Hong Kong n’était pas isolé pour notre agence, mais bien la première étape d’une stratégie », affirme Thomas Coldefy, fils du fondateur Bertrand, et auteur de ces deux succès avec Isabel Van Haute, son épouse.

Réhabilitation de monuments

L’agence, fondée par Bertrand Coldefy en 1984 à Cambrai, est bien connue dans le Nord-Pas-de-Calais. A son actif, de nombreuses réalisations de logements, commerces, bureaux, équipements publics. et de belles réhabilitations lourdes de monuments historiques, comme celle du palais de justice de Cambrai. En 2006, Bertrand Coldefy propose à son fils de rejoindre l’agence de dix salariés entre Cambrai et Lille pour préparer la reprise. Alors à New York chez Kohen Pedersen Fox (KPF), le jeune diplômé de l’ESA (Ecole spéciale d’architecture) – il a alors 26 ans – relève le défi et vient s’installer à Lille avec sa compagne Isabel Van Haute.

De ses expériences américaines et françaises, notamment chez Scau, où il a travaillé avec Tadao Ando sur les études de la Fondation Pinault à Boulogne, il garde le goût des grands projets. Cela tombe bien, son père vient d’arriver en finale du concours pour la construction du Louvre à Lens, dans l’équipe du New-Yorkais Steven Holl. Thomas apprend la gestion d’une agence et se lance rapidement avec Isabel dans le concours de l’Institut du design de Hong Kong. Surprise, les trois panneaux (anonymes) de présentation du projet se distinguent parmi ceux des 162 concurrents, et non des moindres. Une place en finale en juillet 2006 remet le père dans la partie, les deux jeunes architectes reportent leur mariage et prennent contact avec leur réseau américain. Les Chinois de P & T, qui avaient poliment refusé lors de l’étape précédente, acceptent l’association, et le grand bureau d’études anglais Arup rejoint l’équipe. Elle sera lauréate quelques mois plus tard.

S’imposer à Hong Kong

Il faut maintenant s’imposer sur place et ne pas laisser maîtrise d’ouvrage et bureaux d’études s’écarter du projet initial. Le couple s’installe quatre mois à Hong Kong, et c’est ainsi qu’à 27 ans un architecte français mène les études d’un grand chantier chinois auprès d’un géant de l’ingénierie !

Le défi de Coldefy reste toutefois à relever. La délicate question de la transmission se double de celle d’une gestion continue de chantiers internationaux et des projets locaux. Thomas ne veut pas choisir entre les deux. L’agence compte désormais 15 salariés répartis sur Lille et Cambrai et développe en moyenne 1,4 million d’euros de chiffre d’affaires. Des projets régionaux importants sont en cours, dont 130 logements dans la ZAC Paul-Claudel à Amiens (« Le Moniteur » du 14 août, p. 18) avec Nacarat ou du bâtiment de 68 logements et 7 000 m² de Shon avec Sedaf dans la ZAC de la Porte de Valenciennes à Lille.

Egalement au programme, un hôtel à Dunkerque avec Spie-Batignolles Immobilier et un centre d’incendie et de secours à Aulnoye-Aymeries. Des concours sont menés comme celui du collège HQE Lucie-Aubrac à Tourcoing et la rénovation d’une barre de 445 logements à Cambrai. Une actualité chargée et une dualité qui poussent l’agence à chercher une adresse à Paris. Pour Thomas, il faut cette implantation dans les deux ans. Sa sœur, également diplômée de l’ESA, semble intéressée.

Une belle agence, des concours internationaux prestigieux. de quoi rêve encore Thomas Coldefy ? « Nous travaillons à fond pour les Najap », les Nouveaux albums des jeunes architectes et des paysagistes, confie-t-il. On a peine à le croire en lisant son CV, mais l’architecte vient de fêter ses trente ans.

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