Régions QUESTIONS À

Noël Mathieu, directeur général de l’agence de l’eau Loire-Bretagne

– Vous venez d’organiser la première « Rencontre de l’eau », à Tours. Quel était l’objet de cette manifestation ?

Il s’agit de mobiliser et d’informer tous les acteurs régionaux qui interviennent dans les domaines de l’eau : collectivités, élus, entreprises, associations, commissaires enquêteurs… pour leur démontrer l’importance du Sdage. Il s’agit d’un document de planification compliqué de 700 pages, mais qui doit être pris en compte sur le terrain. Ce schéma s’impose en effet à tous les décideurs pour les documents d’urbanisme, les PLU et autres Scot. Ils doivent s’approprier ce document ne serait-ce que pour des questions de sécurité juridique avec le risque de voir leurs projets déférés devant le tribunal administratif si les préconisations du schéma n’étaient pas prises en compte.

– Que prévoit ce Sdage ?

Il s’agit d’un document qui décrit les priorités de la politique de l’eau pour tout le bassin hydrographique Loire-Bretagne qui est riche de 7 500 communes. Il définit des orientations fondamentales mais aussi des objectifs et des dispositions nécessaires. Le premier Sdage était assez indicatif, sans engagements contraignants. Cette fois, il est plus précis et plus directif avec un objectif de 61 % de bon état des eaux en 2015 comme l’exige la directive européenne sur l’eau. Nous sommes aujourd’hui à 25 ou 30 %. Il reste donc un travail considérable à faire avec des problématiques particulières dans ce bassin comme les nitrates et les marées vertes sur le littoral breton, des zones humides sensibles comme le Marais Poitevin, une pollution diffuse et agricole importante notamment avec les pesticides de la nappe de Beauce. Ce sont autant de points de tensions qu’il faut régler.

– Avec quels moyens allez-vous soutenir cette politique ?

Le Sdage prévoit un financement global de 3,3 milliards d’euros d’ici à 2015. Il s’agit d’une enveloppe qui réunit les financements de tous les acteurs : Etats, collectivités, entreprises. L’agence de l’eau, quant à elle apporte près de 300 millions d’euros de subventions par an à ces projets. C’est un objectif défini jusqu’en 2012, date de la fin de notre neuvième programme. Les négociations débuteront l’an prochain sur le dixième programme avec des interrogations financières : faudra-t-il augmenter les redevances ou réduire les subventions ? Mais cela exigera au préalable une loi votée au Parlement.

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(1) Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux 2010-2015 adopté en 2009.« Les acteurs régionaux doivent s’approprier le Sdage(1) »
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