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Nicolas Michelin, architecte urbaniste « Le logement doit être autre chose qu’un produit financier »

Mots clés : Architecte - Bâtiment d’habitation individuel - Métier de la construction - Urbanisme - aménagement urbain

Le 31 mars, Nicolas Michelin publiait sur amc-archi.com un manifeste intitulé « Pour une nouvelle fabrication de la ville ». Architecte urbaniste de plusieurs quartiers à Bordeaux, Lille, Mulhouse ou Dijon, il dénonce les modes de production actuels du logement et propose un fonctionnement par ateliers réunissant tous les acteurs, du promoteur aux habitants.

Vous dressez un réquisitoire implacable des processus qui, en France, conduisent à la production de logements chers, petits et de qualité médiocre…

Le constat que le logement va mal, tout le monde le fait aujourd’hui, mais de façon partielle et chacun de son côté : l’habitant, l’architecte, l’aménageur, l’élu, et même le promoteur… personne n’est content. En tant qu’architecte urbaniste, en relation avec l’ensemble des intervenants de la chaîne de production, j’ai voulu -comprendre pourquoi on n’arrivait pas, en France, à produire des logements à la fois bon marché – c’est-à-dire accessible à la majorité de la population – et de bonne qualité. Avec mon équipe et des spécialistes du financement du logement, nous nous sommes donc penchés sur la question et, en 2014, nous avons réalisé une étude, suivie d’une exposition, intitulée « Argent, Logement, Autrement » (*). Celle-ci montre que le logement est devenu uniquement un produit financier. En effet, les travaux de construction ne représentent plus que 40 % du prix de vente d’un logement. Les 60 % restants sont constitués par les frais financiers liés aux prêts bancaires, la promotion et la commercialisation, la TVA et le foncier. Les coûts de conception – architecture et bureaux d’études – représentent seulement 3 % du total. La cherté des logements neufs en ville fait qu’ils sont achetés en majorité par des investisseurs qui profitent des dispositifs de défiscalisation, et non par les habitants, rejetés à 15 ou 20 kilomètres des centre-villes...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 251 du 18/05/2016
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