[TO] Règles techniques Energies renouvelables

Nice Grid rend un quartier autonome en énergie grâce au stockage et à l’effacement

Mots clés : Energie renouvelable

A Carros (Alpes-Maritimes), ErDF élabore avec ses partenaires un réseau électrique capable d’accepter un fort taux d’énergie photovoltaïque et de supporter une éventuelle déconnexion du reste du réseau.

Sur la centaine de projets français de smartgrids (réseaux électriques intelligents assurant un flux d’énergie et d’information bidirectionnel, en temps réel, entre producteurs d’électricité, opérateurs de réseau et consommateurs), celui de Carros (Alpes-Maritimes), baptisé Nice Grid (1), occupe une place à part. « C’est le seul qui rassemble production et distribution d’énergie renouvelable à grande échelle, stockage d’énergie massif, effacement de consommation à la demande et îlotage, c’est-à-dire possibilité d’autonomie énergétique au niveau de plusieurs centaines de kW », analyse Grégoire Poux-Guillaume, président d’Alstom Grid, la branche réseaux électriques d’Alstom. Piloté par ErDF et intégré au programme européen Grid4EU, Nice Grid regroupe sept quartiers solaires représentant une production de 600 kWc sur un total de 2,5 MWc pour l’ensemble de la ville. Côté consommation, Carros pèse une vingtaine de MW et présente des risques de panne électrique d’autant plus importants que cette cité, et plus globalement la région de Nice, se situe dans une zone mal interconnectée au reste du réseau. « Nous testons, à Carros, la possibilité offerte par le smartgrid de sécuriser l’approvisionnement électrique sans pour autant investir massivement dans les réseaux, ce qui serait le cas si l’on prévoyait une nouvelle ligne très haute tension par exemple », explique Laurent Schmitt, vice-président Smart Grid Solutions chez Alstom Grid.

Flexibilité énergétique

Pour mener à bien cette expérience d’îlotage, Nice Grid mettra en œuvre, à terme, un stockage d’énergie à trois niveaux : chez les particuliers, dans les postes de distribution et dans un conteneur. Réalisé par Saft, ce dernier, le plus visible, est couplé à un convertisseur continu/alternatif (680 V/20 kV) bidirectionnel Alstom d’une puissance de 1 MW soutenable pendant trente minutes environ compte tenu de la capacité de stockage (560 kWh). Installé sur site fin 2013, ce système baptisé MaxSine eStorage a pour fonction de stocker l’électricité photovoltaïque excédentaire afin de la réinjecter dans le réseau de distribution lors des pics de consommation. Le dispositif expérimental ne serait toutefois pas complet sans son volet « flexibilité énergétique ». Il s’agit de convaincre certains consommateurs d’électricité, industriels comme particuliers, de réduire ou augmenter leur consommation si cela peut être utile à l’équilibre énergétique du secteur. Cette flexibilité atteint actuellement 1,6 MW et devrait progressivement grimper à 3,2 MW grâce au recrutement de clients volontaires et à la mise en œuvre du compteur intelligent Linky d’ErdF (2 500 prévus). Les demandes d’effacement ainsi que les ordres de stockage et d’ajustement du réseau, particulièrement complexes à déterminer, émanent, eux, d’une plate-forme logicielle, le Network Energy Management (NEM), installée dans un poste de contrôle à Toulon (Var).

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(1) Trente millions d’euros de budget sur quatre ans (de novembre 2011 à février 2016).

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