Edito

Ni fait, ni à faire

On avance rarement en reculant. Sauf au rugby. Et encore… Emmêlé dans ses luttes intestines, les ambitions rivales et le machiavélisme ambiant en vue de l’élection présidentielle de 2017, le pouvoir exécutif – François Hollande, Manuel Valls – a décidé de reporter la réforme du droit du travail. Elle aura divisé les Français bien plus encore que l’état d’urgence. Clivons, clivons, il en restera toujours quelque chose…
Comment expliquer que cette réforme majeure, annoncée comme un des tournants du quinquennat, a pu être confisquée par Matignon, avant d’être retoquée par l’Elysée, puis renvoyée aux calendes (qu’on n’espère pas grecques). On a choisi d’accessoiriser un texte vital, de folkloriser un débat capital. On a choisi, une nouvelle fois, d’oublier la réalité, c’est-à-dire la crise. Premières victimes : les acteurs du marché du travail.
Ce projet avait pourtant deux vertus, celle de l’assouplissement indispensable des règles et leur adaptation à l’évolution des économies. Il avait aussi un défaut majeur, fatal : il sécurisait les patrons (et soulageait les actionnaires) en fragilisant les salariés. Le BTP, qui emploie des compagnons, sait, mieux que tout autre secteur, la valeur du sentiment d’appartenance à l’entreprise et la force de la confiance réciproque.
Voilà bien le problème : ce texte déséquilibré, incomplet (quand se décidera-t-on à parler sérieusement de la formation ?), aurait fini par ternir un peu plus encore l’image des entrepreneurs. Véritable manuel pratique du licenciement, il les désignait comme d’abominables « dégraisseurs » alors qu’ils sont des employeurs. Un renversement sémantique aussi étrange que pervers. Travail bâclé !

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