Technique et chantier

NF DTU 51.11 Pose flottante des parquets

Mots clés : Monde du Travail - Normalisation - Marquage CE - Réglementation technique - Second oeuvre

La révision de la norme NF DTU 51.11 précise son domaine d’application en limitant la pose flottante des parquets aux locaux secs à usage domestique résidentiel et à usage public en référence à la norme XP B 53 669. La pose sur les sols chauffants et/ou rafraîchissants est explicitement exclue du domaine d’emploi, tandis que de nouveaux supports sont admis, telles les chapes fluides. Carole Le Bloas

Domaine d’emploi

Cette norme DTU s’applique aux travaux neufs réalisés avec des éléments de parquet contrecollés ou avec des revêtements de sol à placage bois posés en flottant (voir paragraphe « Pose du parquet »). Le parquet est composé d’éléments en bois ou à base de bois dont la couche formant le parement est en bois et présente en tout point une épaisseur minimale de 2,5 mm à la livraison. Un placage autre qu’en bois ou d’une épaisseur trop faible en bois ne permet pas des rénovations successives du revêtement de sol. Ce type de revêtement est donc exclu du domaine d’emploi de la NF DTU, de même que la pose flottante de parquets massifs.

Durabilité – Entretien

La durabilité de ce type de revêtement est satisfaisante si le parquet reçoit une finition et un entretien appropriés, et que son usage est adapté à sa destination. Un usage normal nécessite des précautions d’accès afin de protéger le parquet des rayures créées par des graviers apportés par le trafic.

Classement

La norme XP B 53 669 définit le classement d’usage minimal de la couche supérieure des parquets en bois selon leur niveau d’utilisation. Il est déterminé selon les essences et l’épaisseur minimale de la couche d’usure du parquet.
Pour les revêtements de sol à placage bois avec une finition « usine », les informations relatives au classement d’usage sont données par le tableau 3 de la norme NF EN 14354. Ce classement en fonction du niveau d’utilisation est déterminé selon la résistance au poinçonnement, le gonflement en épaisseur, la résistance aux chocs et la résistance à l’abrasion obtenus pour l’élément.

Matériaux

Éléments de parquet ou de revêtement de sol à placage bois
Ils doivent être conformes à la norme NF EN 14342 et son amendement A1, qui fixent les exigences essentielles des parquets et planchers bois en vue du marquage CE. Ils doivent en outre répondre aux normes les concernant :
− NF EN 13489 : parquets contrecollés ;
− NF EN 14354 : revêtements de sol à placage bois.
Colle
Lames ou panneaux sont assemblés par collage avec une colle de classe minimale D2, conformément à la norme NF EN 204. La colle utilisée doit être celle préconisée par le fabricant du parquet. D’autres types de liaison sont possibles comme les clips, par exemple.
Sous-couches
Quelle que soit leur fonction, elles doivent toutes présenter :
− une compressibilité limitée, afin d’éviter la déformation des lames de parquet sous les charges d’exploitation risquant la rupture de la liaison entre les lames (NF EN 12430), avec un enfoncement sous charge ≤ 0,5 mm et un enfoncement sous charge ≤ 0,15 dF (dF étant l’épaisseur en mm de la sous-couche) ;
− une pérennité avérée, en particulier une aptitude à résister sans dommage notable à une température de 50 °C.
Des caractéristiques complémentaires sont exigées pour :
− la sous-couche destinée à limiter les échanges d’humidité : obligatoire lorsque le support risque d’être soumis à des remontées d’humidité, elle doit répondre aux caractéristiques données (voir paragraphe « Supports » ci-dessous) ;
− la sous-couche de répartition : nécessaire lorsque le support est meuble ou souple, elle est composée de panneaux de fibres de bois asphaltés ou non, d’une épaisseur minimale de 5 mm, ou de tout autre panneau d’une raideur équivalente. La pose des panneaux est flottante, avec un jeu en périphérie de 10 mm environ ; s’ils sont posés séparément, c’est-à-dire non assemblés par rainures et languettes, un jeu de 1 mm/m est à prévoir entre les panneaux ;
− la sous-couche d’isolation acoustique doit être composée de matériaux listés par la NF DTU, tels les panneaux de liège ; la pose est flottante, de préférence perpendiculaire aux lames et remontée le long des murs, cloisons, etc. afin d’éviter les transmissions acoustiques latérales.

Particularités de mise en œuvre

Supports
Sont admis les supports à base de liant hydraulique ou de bois, ou encore les supports non traditionnels sous avis technique (chapes fluides, sèches). Les planchers bois ou à base de bois flottants sont proscrits.
Une sous-couche destinée à limiter les échanges d’humidité doit être mise en œuvre sur les supports à base de liant hydraulique ou sur tout support susceptible d’être soumis à des remontées d’humidité. Cette sous-couche est :
– soit un film de polyéthylène d’une épaisseur minimale de 150 µm. Un recouvrement minimal de 20 cm est à prévoir entre les lés, ou de 10 cm si ces derniers sont maintenus par une bande adhésive intégrée d’au moins 20 mm de large ou d’au moins 50 mm de large si la bande n’est pas intégrée ;
− soit un feutre bituminé, imprégné ou surfacé conforme à la norme NF P 84 302, posé avec recouvrement.
La planéité du support doit être de 5 mm sous la règle de 2 m et de 1 mm sous le réglet de 0,20 m. Le respect de cette exigence peut imposer l’interposition d’un ouvrage complémentaire, par exemple une chape rapportée ou un enduit de sol.
Le degré d’humidité d’un support en mortier ou en béton doit être :
– ≤ 4,5 % en poids pour une mesure effectuée à une profondeur de 4 cm ;
– ≤ 3 % en poids si la mesure est effectuée à une profondeur de 2 cm.
La mesure est faite à la bombe au carbure exclusivement.
Humidité des locaux et du parquetLa pose d’un parquet demande que l’hygrométrie de l’air ambiant du local à parqueter soit comprise entre 40 et 65 %. Si cette condition ne peut pas être remplie, par exemple sous le climat tropical des départements d’outre-mer, l’humidité du parquet doit être stabilisée à un taux correspondant à celui du local où il sera mis en œuvre. La vérification de l’hygrométrie de l’air ambiant et du taux d’humidité du parquet est à effectuer au même moment. Avant la pose, il faut donc vérifier que le bois a atteint sa teneur en humidité d’équilibre.
Les conditions de température et d’hygrométrie telles que définies ci-dessus sont à maintenir deux semaines au moins après la pose.
Préparation du supportSelon l’aspect fini du support (défaut de planéité, d’arase, etc.), un ouvrage d’interposition s’impose : cela peut être un ravoirage utilisant du sable, une forme ou un enduit de sol. Le choix dépend des irrégularités à rattraper. L’objectif est d’obtenir un support parfaitement plan puisque sa planéité détermine l’aspect fini du parquet.
En complément, une sous-couche de désolidarisation est mise en œuvre afin de désolidariser le revêtement et le support. Suivant l’usage, des sous-couches aux fonctions complémentaires sont utilisées : sous-couche destinée à limiter les échanges d’humidité, sous-couche de répartition ou sous-couche acoustique.
Pose du parquetLe parquet est posé sur les ouvrages d’interposition ou directement sur le support si ce dernier répond aux exigences définies dans la NF DTU.
La pose des éléments est flottante, c’est-à-dire que les lames ou les panneaux ne sont pas fixés au support sous-jacent : ils sont uniquement assemblés et liés entre eux au moyen du collage des rainures et languettes ou d’un assemblage par verrouillage suivant une orientation précisée dans la NF DTU. Pour la pose à l’anglaise, les joints en bout de lames sont décalés d’une rangée à l’autre d’au moins deux fois la largeur de la lame.
OrientationLes règles habituelles sont les suivantes :
− les lames contrecollées sont posées à l’anglaise à coupe perdue ;
− les panneaux contrecollés sont posés suivant le dessin précisé dans le CCTP ;
− les lames et panneaux sont positionnés de sorte qu’un de leurs côtés est parallèle au mur ou à la cloison ;
− les travées de bâtons rompus ou de point de Hongrie sont perpendiculaires à la paroi de la pièce ayant le plus grand éclairement naturel ;
− dans les pièces de plus de 8 mètres de long, les lames sont disposées parallèlement à la longueur de la salle ;
− la largeur cumulée des lames inférieures à 20 mm d’épaisseur ne doit pas dépasser 8 mètres.
Joints
Un espace libre doit être préservé entre le parquet et les murs ou tout obstacle fixe, afin de permettre la libre dilatation du bois. Cet espace doit avoir une largeur d’au moins 0,15 % de la plus grande dimension couverte par le parquet. La largeur ne doit pas être inférieure à 8 mm (voir schéma : exemple de calcul des jeux).L’espace en périphérie du local est recouvert intégralement par la plinthe, qui ne doit pas empêcher le mouvement du parquet. L’espace en pied d’huisserie ou autre est également recouvert par un dispositif approprié.
La pose du parquet doit respecter les joints de dilatation du gros œuvre.

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L’ESSENTIEL

Pose limitée aux locaux secs à usage domestique résidentiel ou à usage public ou commercial sans dépasser la classe 33 qui correspond à un usage commercial élevé sans présence d’eau, par exemple : salles de classe, halls de réception à l’étage, magasins à rayons multiples, bureaux collectifs, etc.
Pose admise sur des chapes fluides à base de ciment ou de sulfate de calcium mais exclue sur des planchers chauffants et/ou rafraîchissants.
Degré d’humidité du support déterminé avant la pose exclusivement au moyen d’une bombe au carbure.
Description précise de la méthode de vérification de l’hygrométrie de l’air ambiant du local où s’effectuera la pose et du taux d’humidité du bois constituant le parquet.

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Références

− NF DTU 51.11 (décembre 2009 − indice de classement : P63-204) : Parquets et revêtements de sol − Pose flottante des parquets contrecollés et revêtements de sol à placage bois − Partie 1-1 : cahier des clauses techniques − Partie 1-2 : critères généraux de choix des matériaux (CGM) − Partie 2 : cahier des clauses spéciales.
− NF EN 13489 (juillet 2003 − indice de classement : B 53 657) : Planchers en bois – Éléments de parquet contrecollé.
− NF EN 14342 A1 (août 2008 − indice de classement : B 53 668) : Planchers et parquets en bois – Caractéristiques, évaluation de conformité et marquage.
− XP B 53 669 (janvier 2003 − indice de classement : B 53 669) : Parquets et planchers bois – Classement d’usage.
− NF EN 14354 (juin 2005 − indice de classement : B 54 030) : Panneaux à base de bois – Revêtement de sol à placage bois.
− Cahier du CSTB n° 3634, « Exécution des enduits de sols intérieurs pour la pose de revêtements de sol – Cahier des prescriptions techniques – Travaux neufs ».

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