Enjeux

Necobac lave les outils à petite eau

Mots clés : Démarche environnementale - Maçonnerie

La société biterroise a mis au point une station mobile écologique pour le nettoyage de matériel de maçonnerie.

Nettoyer les outils des maçons avec 70 litres d’eau pour toute la durée d’un chantier. Telle est la promesse de la start-up biterroise Necobac, fondée en mars 2016 par Anne-Sophie Lunel. « L’idée a surgi il y a plusieurs années, car je constatais de gros soucis de lavage des outils, explique la créatrice, ancienne responsable d’une entreprise de maçonnerie intervenant sur des chantiers de rénovation. J’ai pensé à concevoir moi-même une station de lavage économe, qui supprimera le déversement des eaux polluantes dans les sols, canalisations ou cours d’eau. » Aujourd’hui disponible à la vente ou à la location, le Necobac M est un bac en acier permettant de nettoyer bétonnières, seaux, pelles, brouettes, truelles… Il est capable de filtrer les résidus et de réutiliser l’eau grâce à un dispositif de pompage à haute pression. « Necobac garantit le respect des normes légales, assure un gain de temps et une économie d’eau jusqu’à 90 %, argumente la fondatrice. De plus, le nettoyage améliore la durée de vie du petit outillage. » La station de lavage est devenue mobile au deuxième prototype, sur le conseil des maçons. « Ils ont aussi demandé la possible élévation de la machine pour éviter les vols ». Made in France , le Necobac M est fabriqué par la tôlerie-chaudronnerie AIS, implantée à Marseillan, dans l’Hérault.

« Si c’était à refaire, je m’adresserais d’emblée aux grands groupes. »

Une idée qui a germé en 2008. Le projet a une longue histoire : il a d’abord été accompagné par l’Ecole des mines d’Alès et fut lauréat dès 2008 du concours d’idées de l’incubateur gardois BIC Innov’Up. Anne-Sophie Lunel est aussi passée par la couveuse d’activités nîmoise La Capitelle. Après un déménagement et quatre prototypes, Necobac fait partie depuis 2016 de l’écurie de la pépinière biterroise Innovosud, « de très bon conseil », insiste la créatrice. La participation à divers concours de la construction durable a donné une certaine notoriété au projet, finaliste des Lafarge Invention Awards 2010 et du concours Domolandes 2016.

« Ces concours m’ont ouvert beaucoup de portes », souligne Anne-Sophie Lunel. Autre bonne nouvelle, l’an passé : la validation par le Centre national d’innovation pour le développement durable et l’environnement dans les petites entreprises (Cnidep), après l’évaluation menée au BTP CFA Lorraine (qui en a acheté deux exemplaires). Cette approbation ouvre la possibilité d’une subvention par l’Agence de l’eau. « La commercialisation décolle », assure la fondatrice.

Que retient-elle de ce long parcours ? « Si c’était à refaire, je m’adresserais tout de suite aux grands groupes, plus sensibles à l’environnement et à leur image. J’ai perdu du temps en ciblant les artisans. » Le prêt d’honneur obtenu en novembre 2016 du fonds régional d’amorçage Créalia va l’aider dans cette orientation récente. « Je l’utilise pour la mise au point de la taille au-dessus, le Necobac XL, dédié au gros matériel. Le développement se fait en collaboration avec la plate-forme technologique du lycée Jean-Moulin de Béziers. » Des chantiers pilotes ont démarré. A terme, Necobac envisage de lancer un troisième modèle, XS, pour une utilisation dans les étages.

Mars 2016 Création

340 000 euros CA 2017 prévisionnel

90 % Economie d’eau potentielle en utilisant le Necobac M

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L'avis de l'expert

« Le grand atout d’Anne-Sophie Lunel, c’est qu’elle vient du bâtiment et parle le même langage que ses clients. Sa plus grande difficulté, c’est d’être seule et d’avoir des moyens financiers limités. Depuis un an que notre pépinière accompagne ce projet, elle a réorienté sa stratégie en visant désormais les grands groupes du bâtiment, intéressés, mais demandeurs d’un produit traitant de plus gros outils. Nous l’aidons à trouver le financement pour finaliser la R & D et la mise en production : elle a été soutenue à la fin 2016 par le fonds Créalia et nous travaillons sur une aide de Bpifrance. »

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