Territoires Marchés publics

« Ne plus fonctionner par morceaux, au coup par coup »

François Brière (43 ans) est depuis 2014 le maire (DVD) de Saint-Lô (Manche), une des plus petites préfectures de France (19 000 habitants). Et l’équation qui lui est posée n’est pas simple : stopper le déclin démographique d’une ville en déficit d’image et dont le cœur n’a pas bougé depuis la Reconstruction. L’élu trace son chemin.

Qu’est-ce qui vous préoccupe au soir de votre élection ?

Trois choses : la perte d’habitants que connaît Saint-Lô depuis une quinzaine d’années – nous avions dix groupes scolaires, nous n’en avons plus que six – ; l’aspect ultra-minéral de la ville, qui ne joue pas en sa faveur ; enfin, le défaut d’attractivité dont souffre Saint-Lô. Entre les métropoles et les communes rurales, les villes moyennes sont un échelon des collectivités qui peut vite se trouver en difficulté. Les malus de nos territoires ne sont pas traités, je pense au ferroviaire. Saint-Lô paie, en outre, le fait que sa population n’habite plus en hypercentre, faute d’appartements confortables. Il fallait donc revenir aux fondamentaux que sont le logement et l’espace public.

Quels leviers avez-vous choisi d’actionner ?

Sans ascenseurs, sans copropriétés organisées, les immeubles de la Reconstruction, qui n’ont jamais connu de travaux d’ampleur, présentent un taux de vacance de 25 %. Nous avons donc déposé auprès de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) un dossier pour la mise en place d’un programme opérationnel préventif d’accompagnement des copropriétés (Popac), lequel a été acté en février. Cela représente 8 îlots et 480 logements. Nous avons trois ans pour réaliser les études (subventionnées à 75 %) et engager les travaux. Parallèlement, Manche Habitat, qui détient près de 40 % des logements de la ville, va construire dans le centre une résidence intergénérationnelle de 23 logements. Du neuf au milieu d’un îlot de la Reconstruction : c’est du jamais vu à Saint-Lô ! Enfin, le programme de 44 logements que s’apprête à lancer Sedelka sur une friche cédée par la Ville signe le retour de la promotion après sept ans d’absence.

Et en termes d’espace public, qu’envisagez-vous ?

A partir d’une réflexion sur nos places, nous avons élargi le champ et passé avec Attitudes urbaines un accord-cadre d’AMO pour l’aménagement du cœur historique. Nous avons fait de même avec Narthex pour le devenir de nos écoles. Parce que la tâche est importante, l’idée est de sortir du marché public classique, de ne plus fonctionner par petits morceaux, au coup par coup. L’accord-cadre et ses marchés subséquents nous permettent d’insuffler une dynamique sans avoir à relancer sans cesse des appels d’offres.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X