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MUTATIONS JAPONAISES

Mots clés : Architecture - Dessin

Des mégastructures des années 1960 à l’épure contemporaine, le centre Pompidou-Metz retrace soixante-dix ans d’une architecture nippone en perpétuel renouvellement. Première exposition d’envergure sur le sujet, « Japan-ness » en traverse l’histoire cyclique, tout en offrant une perspective élargie qui rend visible la pluralité d’une scène architecturale aussi riche que singulière.

C’est un grand collage d’Arata Isozaki qui accueille le visiteur de l’exposition « Japanness », au centre Pompidou-Metz. Sur les cimaises noires, Re-Ruined Hiroshima (1968) juxtapose l’image de la cité totalement arasée à des mégastructures métalliques qui semblent elles-mêmes réduites à l’état de simples armatures. Cette œuvre place d’emblée l’architecture japonaise sous le signe de l’impermanence, caractéristique signifiée également par quelques photographies du sanctuaire d’Ise. Situé au centre de l’archipel, ce lieu sacré du shintoïsme est reconstruit à l’identique de façon rituelle, tous les vingt ans. Depuis les incendies de l’époque Edo (1603-1868) jusqu’aux séismes de Kanto (1923), Kobe (2005), ou Fukushima (2011), ces cycles de destruction-construction forgent la culture nippone. Théorisé par Isozaki, le terme « Japanness » désigne précisément « cette logique d’acculturation, cette aptitude au changement et à l’adaptation, à la reconfiguration d’une singularité ». Très dense, l’accrochage compte quelque 250 projets présentés de façon chronologique à travers 65 maquettes, 150 dessins et de très nombreux documents. Plusieurs plans et croquis ont d’ailleurs été sauvés de la destruction, grâce au travail de documentation et de collecte effectué au Japon par Frédéric Migayrou, conservateur au centre Pompidou.

Leçon d’architecture

« L’histoire de l’architecture japonaise reflète celle de l’architecture mondiale, réinterprétée et transfigurée : c’est une véritable leçon », analyse ce dernier, cocommissaire de l’exposition avec Yuki Yoshikawa. Modernisme, brutalisme, postmodernisme, high-tech, conceptualisme, structuralisme, minimalisme… l’archipel, rompant avec une insularité séculaire, s’ouvre largement aux écoles et mouvements internationaux. Dès la reconstruction après la seconde guerre mondiale, nombre d’architectes s’inspirent de Le Corbusier dont ils ont été l’élève, ou empruntent à Charlotte Perriand et Jean Prouvé les principes...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 263 du 16/10/2017
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