Réalisations

MUSÉE NATIONAL ESTONIEN TARTU, ESTONIE

Mots clés : Manifestations culturelles - Matériel - Equipement de chantier - Musées - galerie

Le Musée national estonien est à l’échelle du paysage qui l’accueille. L’accroche au site est juste et équilibrée ; l’expression matérielle conjugue confort et dialogue avec le contexte. L’ouvrage table sur un lieu identitaire qui promet de dépasser les frontières.

Les Estoniens parlent une langue étrange dont les origines nichent dans les monts de l’Oural et qui présente des similitudes avec le finnois et le hongrois. Depuis le XIXe siècle, culture et identité ont été bouleversées par l’occupation alternée des Allemands et des Soviétiques.

Son indépendance, en 1991, et son intégration dans l’Union européenne, en 2004, ont amené cet état balte à construire un musée national à la dimension de ses valeurs. Sa situation à Tartu, à 160 km au sud de la capitale Tallin, s’explique par la présence d’un protomusée qui accueillait dès 1909 une collection d’objets témoins de la culture estonienne. Les constructions militaires existantes sur le site ont été détruites, à l’exception d’une ancienne piste d’aviation soviétique qui incise le territoire. C’est sur celle-ci que l’agence DGT a eu l’intelligence – et l’impertinence – d’inscrire son projet, lauréat en 2006 d’un concours ouvert.

Land architecture

En réalité, Dan Dorell, Lina Ghotmeh et Tsuyoshi Tane n’ont pas conçu un édifice, mais un dispositif à la fois territorial et mémoriel. Véritable « land architecture », étiré dans l’espace sur plus de 350 m de long et 70 m de large, il consiste en un toit unique qui suit une inclinaison régulière de 3,2 %. D’un côté, il vient s’échouer sur le tarmac et, par une échancrure centrale, offrir une entrée indépendante à échelle humaine.

De l’autre, il projette un vaste auvent en porte-à-faux de 40 m qui, en creux, figure l’entrée principale. Initialement prévue, l’accessibilité au public de cette plateforme a été sacrifiée sur l’autel du budget. Subliminale pente, le plafond technique permettant l’accrochage d’appareillages pour spectacles et autres événements démarre à 2,40 m pour atteindre 14 m, côté ville. En dessous, le sol en béton continu, plan horizontal de...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 255 du 08/11/2016
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