Architecture et urbanisme

Musée Le centre Pompidou de Metz se couvre de bois

Mots clés : Architecte - Architecture - Bois - Gros oeuvre - Maîtrise d'ouvrage - Manifestations culturelles

L’antenne messine du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, qui doit ouvrir l’an prochain, achève cet été la construction de sa coiffe : une charpente sur plan hexagonal de 52 mètres de côté, dont le relief courbe enveloppe progressivement les espaces d’expositions.

Le chantier de construction du centre Pompidou à Metz, en Moselle, se trouve cet été dans sa phase la plus spectaculaire. Car en arrivant de la gare TGV située à deux pas, le visiteur reconnaît à présent distinctement la silhouette imaginée en 2003 par les architectes Shigeru Ban (Japon) et Jean de Gastines (France). Ce profil se dessine d’abord avec les trois galeries d’exposition en béton de 80 mètres de long sur 15 mètres de large, achevées en décembre 2008 par l’entreprise générale mosellane Demathieu & Bard. Vues d’avion, ces galeries ressemblent à des aiguilles de boussole, pointant chacune vers une orientation et un lieu de la ville (à l’ouest la gare ferroviaire, au nord la cathédrale Saint-Etienne, etc.).

La physionomie du futur centre d’art tient aussi à sa tour de circulations verticales en acier de 37 mètres de haut, partiellement terminée en février 2009 par l’entreprise sous-traitante vosgienne Viry. Partiellement, puisqu’il lui manque la flèche cylindro-conique qui culminera à 77 mètres au-dessus du sol, une hauteur clin d’œil à l’année d’ouverture du centre Pompidou à Paris. Mais la forme du centre Pompidou-Metz, c’est surtout la charpente de couverture en bois lamellé-collé, style chapeau chinois, dont le montage débuté le 31 mars devrait être achevé en juillet par l’entreprise sous-traitante allemande Holzbau Amann. « Sur cette partie du bâtiment, les entreprises françaises se sont montrées frileuses, estime l’architecte Jean de Gastines ; contrairement aux Allemands qui la réalisent aujourd’hui avec une précision incroyable, de l’ordre du millimètre. » Pour l’assemblage de cette structure qui ne dénombre pas moins de 1 600 pièces entretoisées, préalablement façonnées et numérotées en usine, Holzbau Amann mobilise une quinzaine d’ouvriers in situ.

Pièce après pièce, la charpente s’élève, se courbe et enveloppe les galeries d’expositions telle une nappe à motif hexagonal. « Avec ses 8 500 mètres carrés de surface, cette charpente représente une façade à part entière », remarque Rahim Danto Barry, chef de projet chez Shigeru Ban Architects Europe. L’effet visuel d’entrelacs qu’elle provoque est en réalité produit par la superposition de planches d’une section de 44 × 14 cm, en épicéa pour la partie courante horizontale, et en mélèze pour les quatre supports verticaux (voir encadré ci-dessus).

Membrane d’étanchéité

De juin à août 2009, l’entreprise japonaise Taiyo, via sa filiale allemande Taiyo Europe, va livrer, poser et fixer les lés de la membrane d’étanchéité destinée à couvrir la charpente. Cette toile blanche en polytétrafluoroéthylène (PTFE) filtrera 85 % de la lumière du jour, laissant transparaître le soir la charpente éclairée de l’intérieur. Le centre Pompidou-Metz ouvrira ses portes au printemps 2010 avec une exposition intitulée « Chefs-d’œuvre ? ». Mais le premier des chefs-d’œuvre n’est-il pas déjà là, en construction, sous les yeux des Messins ?

Maître d’ouvrage : communauté d’agglomération de Metz Métropole. Mandataire du maître d’ouvrage : Ville de Metz. Partenaire du maître d’ouvrage : Centre Pompidou.

Maître d’œuvre : Shigeru Ban Architects Europe et Jean de Gastines, architectes ; Arup et Terrel, bureaux d’études structure.

Entreprise générale : Demathieu & Bard.

Sous-traitant charpente métallique : Viry.

Sous-traitant charpente bois : Holzbau Amann.

Sous-traitant membrane d’étanchéité : Taiyo Europe.

Surface : 10 700 m2 Shon.

Coût des travaux : 45 millions d’euros HT (valeur 2007).

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ENCADRE

Quelques données

12 000 m3 de béton pour les fondations et le gros œuvre.

970 tonnes d’acier dans les façades et la tour hexagonale.

650 tonnes de bois pour réaliser la charpente et les piliers, soit 18 kilomètres de planches.

ENCADRE

Des charges canalisées au sol par quatre piliers en mélèze

La charpente en épicéa repose en périphérie sur quatre piliers en mélèze. « Le mélèze a été choisi pour sa résistance à la reprise de charges, à l’exposition aux intempéries et aux contacts du public », argumente Rahim Danto Barry, chef de projet chez Shigeru Ban Architects Europe. Ces piliers se composent de plusieurs rangées concentriques de poteaux incurvés en lamellé-collé, d’une section de 44 × 14 cm. Fixés à un plateau métallique ancré dans du béton, ils émergent du sol en s’entrecroisant selon le même procédé constructif que la charpente. A la naissance de la lame du toit, un anneau d’acier formé d’un tube de 55 cm de diamètre contrevente l’ensemble. Il sert aussi d’accroche à la membrane d’étanchéité qui fait office de couverture. Avec leurs formes d’entonnoirs, les piliers ne canalisent pas uniquement jusqu’au sol les efforts des 650 tonnes de la charpente. Ils conduisent aussi les eaux pluviales vers des cuves de stockage souterraines destinées à l’arrosage des espaces verts.

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