Architecture Technique

Murs parasismiques en maison individuelle

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Maison individuelle - Risque sismique

Principes et objectifs

Les éléments verticaux permettant de résister aux sollicitations horizontales engendrées par un séisme sont nommés contreventements verticaux. Ils permettent la transmission des efforts sismiques jusqu’aux fondations. Les règles PS-MI 89/92 autorisent l’utilisation de plusieurs types de contreventements verticaux : murs en maçonnerie chaînée ou en béton banché, ossatures en bois ou en acier, panneaux en béton préfabriqués et correctement liaisonnés. Le contrôle des règles de construction concerne aujourd’hui uniquement la maçonnerie chaînée.

Dans cet objectif, la réglementation impose :

Une longueur minimale de contreventement dans chaque direction en fonction du nombre de niveaux, du type de toiture (lourde ou légère) et de la surface du bâtiment.
Une répartition équilibrée des contreventements sur les façades du bâtiment.
Une longueur minimale pour un panneau de contreventement (1,10 m).
Des dispositions constructives permettant d’assurer le confinement de la maçonnerie par la mise en place de chaînages verticaux en bordure des panneaux de contreventement.

Dans certains cas, des joints parasismiques doivent être mis en œuvre. Ils permettent de constituer des blocs mécaniquement indépendants pour un même bâtiment. Ils sont fréquemment utilisés par les professionnels pour rester dans le cadre des configurations en plan et en élévation acceptées par les règles PS‑MI 89/92.

Diagnostics

Causes possibles des non-conformités (référence règles PS-MI 89/92)

Défauts sur les joints parasismiques :

Mauvais emplacement du joint.
Joint non continu sur l’ensemble de la superstructure, notamment au niveau de la charpente ou de la couverture (photo 1).
Largeur de joint trop faible (largeur minimale : 4 cm).
Joint comblé, notamment avec des plaques de polystyrène laissées en place (photo 2).

Défauts de ferraillage :

Oubli de certains chaînages verticaux notamment autour des ouvertures de plus de 1,80 m (photo 3), des bords libres en maçonnerie, des intersections de murs ou dans les murs supérieurs à 5 m.
Défauts de continuité mécanique au niveau du ferraillage des chaînages verticaux et horizontaux (photo 4, p. 74) :

• recouvrements insuffisants, inférieurs à 50 fois le diamètre des armatures ;
• mauvaises dispositions au niveau de l’intersection entre chaînages horizontaux : absence des trois équerres pour les lits d’armatures inférieur et supérieur ou absence des quatre épingles comme spécifié dans les PS-MI 89/92, poussée au vide.

Mauvaise continuité mécanique entre les chaînages verticaux aux angles de la structure et les chaînages obliques des pignons dans le cas de toiture à deux versants (photo 5, p. 74).
Absence d’encadrement pour les baies de dimensions supérieures à 0,60 m.

Conséquences des non-conformités

Défauts sur les joints parasismiques

Lorsque les joints parasismiques sont mal exécutés, il y a risque d’entrechoquement entre les différents blocs en cas de fort séisme.

Défauts de ferraillage

Un défaut de confinement de la maçonnerie entraîne une résistance au cisaillement très amoindrie et un mauvais comportement global de la structure. Des fissurations peuvent également apparaître au niveau des ouvertures si celles-ci ne sont pas correctement encadrées. Une mauvaise mise en œuvre des chaînages n’assurant pas une section suffisante de béton armé ne permet pas un bon fonctionnement du confinement (résistance à la compression moindre, flambement des armatures).

Les bonnes pratiques

Référence règles PS-MI 89/92

Lors de la conception, veiller au bon emplacement des joints parasismiques.
Assurer la présence de suffisamment de murs de contreventement régulièrement répartis sur les façades du bâtiment.
Prévoir des chaînages verticaux de part et d’autre de chaque mur de contreventement, à tous les angles saillants et rentrants de la construction, aux intersections entre murs et autour des ouvertures de hauteur supérieure ou égale à 1,80 m.
Prévoir l’encadrement des baies de dimensions supérieures à 0,60 m.
En cas d’emploi de petits éléments creux, n’utiliser que des blocs possédant une paroi intermédiaire.
Veiller à une bonne mise en œuvre des matériaux :

• pas d’utilisation de chutes ou de matériaux dégradés lors du transport ou du déchargement ;
• s’assurer du bon remplissage des alvéoles par le béton pour un enrobage correct des armatures ;
• harper la maçonnerie pour les chaînages banchés et coulés en place ;
• remplir les joints verticaux entre les blocs maçonnés.

Assurer la continuité du joint parasismique au niveau de l’ensemble des éléments de la structure : fondations, murs, charpente, couverture, auvent…
Retirer les éléments obstruant le joint parasismique une fois les murs montés.

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L’essentiel

Prévoir, si besoin, un joint de fractionnement continu des fondations à la couverture et vide de tous matériaux.
Prévoir le contreventement vertical de la structure par l’implantation de panneaux de contreventement en maçonnerie chaînée.
Veiller à la qualité d’exécution des chaînages et des recouvrements entre chaînages.

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Quand être vigilant ?

Du début de la conception à la fin de la réalisation, des étapes de vérification sont nécessaires pour atteindre la qualité réglementaire :

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D’après les fiches « La qualité réglementaire dans les bâtiments d’habitation neufs ». « Fiche rédigée à partir de constats établis lors des contrôles réglementaires de construction jusqu’en 2013 »

Reproduction interdite sans autorisation des éditeurs. © 2013 AQC/Ministères en charge du Logement et de la Construction. Toutes les fiches « La qualité réglementaire dans les bâtiments d’habitation neufs » sont consultables sur www.qualiteconstruction.com

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