Edito

Modèle familial

Mots clés : Enfance et famille

Les entreprises familiales ont-elles – mieux que les autres – résisté à la crise ? « Le Moniteur » s’intéresse cette semaine à dix d’entre elles (lire p. 12), fleurons du BTP, transmises de père en fils – pas de filles il est vrai dans leurs top managements – sur plusieurs générations.
Leur bonne santé l’atteste : leur vocation transgénérationnelle induit un rapport au temps bien particulier. A contre-courant des fusions-acquisitions précipitées, des LBO, OPA et autres stratégies financières à rentabilité trimestrielle, les entreprises familiales voient loin. Elles sont avant tout riches d’un capital familial par définition stable et patient. A l’abri des décisions court-termistes. Même si leurs dynasties ont été par le passé la cible d’attaques caricaturant le paternalisme des dirigeants, leur héritage entrepreneurial ne manque pas d’intéresser aujourd’hui les économistes pour leur capacité à traverser les crises à moindre coût social. C’est que la panique, les cessions hâtives, les changements brusques de stratégie ne sont pas leur marque de fabrique. Alors, ce modèle familial de l’entreprise est-il plus fort et plus vertueux que les autres ?
Peut-être. A une époque où les marchés financiers dictent leur loi, l’idéal d’indépendance des « familiales » et leur instinct de conservation font figure d’exception. Adeptes des fonds propres, elles se financent beaucoup par elles-mêmes et privilégient l’investissement aux dividendes pour garder la maîtrise de leurs projets. Elles en versent deux fois moins que les entreprises à capital diffus : une vraie éthique en ces temps encore très troublés par les scandales financiers de la fin des années 2000. En deux mots : leur pérennité prime sur leur performance immédiate.
Avec leur gestion des ressources humaines caractérisée par la longévité de l’emploi, un faible turnover des managers et un fort engagement personnel, elles diffusent également une solide culture d’entreprise. Héritières discrètes, voire secrètes, elles ont réussi à distinguer propriété et pouvoir décisionnaire. Leur réussite dans le monde de la construction est totale. Pas étonnant. Le BTP est une grande famille.

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