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Mobilisation des organismes La baisse des charges des locataires justifie les efforts

Mots clés : Bois - Logement social - Technique de construction

Les pratiques sont multiples sur le terrain : isolation par l’extérieur, changement de fenêtres, changement de chaudière, recours à des énergies douces. Parfois, certains organismes vont plus loin et ne limitent pas leurs travaux à la simple question énergétique. Les SEM sont lancées dans la même aventure, comme le montre l’exemple d’Idéha.

Morvan

L’Opac de Saône-et-Loire met en boîte deux immeubles

>L’expérience de l’ossature bois a inspiré l’Opac de Saône-et-Loire pour l’isolation par l’extérieur de deux immeubles rénovés dans le quartier Saint-Pantaléon à Autun. « Au départ, l’idée était de recouvrir les façades de panneaux de bois préfabriqués », relate Roland Bellevrat, chef de la cellule recherche et développement. Les études l’ont fait évoluer vers une structure porteuse enveloppant le bâtiment. Un bardage en bois composite et résine forme une nouvelle façade à 20 cm de l’ancienne. Elle s’accroche sur une structure à ossature bois préfabriquée en atelier sous forme de modules de 4 m2, vissés sur la façade d’origine en béton gravillonné. Entre les deux, est posé un isolant en laine de verre d’une épaisseur de 16 cm, recouvert d’un pare-pluie.

L’étanchéité à l’air au niveau des encadrements de fenêtres a suscité la principale difficulté technique de ce chantier, achevé fin juillet. « Pour réussir, il faut des plans plus détaillés que d’habitude », constate Sébastien Auray, chef de projet. Cumulées avec des problèmes de coordination des corps d’état séparés, les précautions de mise en œuvre ont engendré six mois de retard dans la livraison.

Six mois de retard

Thermiquement, le résultat se veut très satisfaisant. Avec, en complément, un chauffage solaire pour l’eau chaude, le bailleur social obtient une performance thermique de 75 kWh/m2.an pour un coût légèrement supérieur à 30 000 euros par logement. Cet objectif affiché au stade des études lui a valu une subvention du conseil régional de Bourgogne au titre de l’appel à projets « bâtiments basse énergie » et l’accompagnement du bureau d’études Inertech, missionné par la collectivité. Les tests d’étanchéité à l’air ont été passés avec succès.

A la lumière de cette expérience, le bailleur social affine le plan de réhabilitation de son patrimoine. Dans les dix prochaines années, environ 9 000 logements, soit le tiers du parc, consommeront moins de 130 kWh/m2.an. « Cette solution ouvre des perspectives intéressantes pour la réglementation future, car on peut augmenter à l’envi l’épaisseur de l’isolant », observe Roland Bellevrat.

Deux fois plus cher que le système plus courant du polystyrène collé ou agrafé, ce procédé élaboré s’avère particulièrement adapté aux façades moins solides, car l’ossature devient la structure porteuse du bâtiment. En revanche, économiquement, elle ne se justifie pas pour des bâtiments en bon état. La première duplication de ce chantier aura lieu prochainement dans le Chalonnais.

Franche-Comté

Idéha cherche un niveau d’intervention économiquement raisonnable

>Idéha réalise un test à la fois technique et économique sur l’une des trois tours de la Chiffogne, à Montbéliard (Doubs). La société immobilière d’économie mixte, propriétaire de 2 900 logements dans le nord de la Franche-Comté, met en œuvre une technique simple. Les façades sont isolées par l’extérieur avec un isolant de 14 à 20 cm de polystyrène, fixé mécaniquement et recouvert d’un enduit de toile de fibre de verre. Un double vitrage isolant habille les menuiseries PVC. L’immeuble est équipé d’une ventilation hygroréglable et d’une chaudière au gaz à condensation. La consommation annuelle visée est de 96 kWh/m2 de surface hors œuvre nette (Shon) en énergie primaire.

Bénéficiaire de formations à la basse consommation d’énergie, l’équipe interne de maîtrise d’œuvre a conçu le projet, épaulée par le bureau d’études thermiques Bellucci (Besançon). « Nous avons cherché une solution facile à mettre en œuvre par les entreprises locales », indique Bertrand Gaubert, responsable des projets immobiliers. Depuis quatre ans, les opérations de rénovation du bailleur social incluent systémati-quement l’isolation par l’extérieur, mais avec des épaisseurs moindres (10 à 12 cm).

25 000 euros par logement

La réhabilitation de la tour reviendra à 25 000 euros par logement. « L’analyse des économies de charges des locataires au regard des investissements permettra de définir un niveau d’intervention économiquement raisonnable sur le bâti existant qui date des années 1950 et 1960 », ajoute Bertrand Gaubert. Dans un premier temps, l’expérience servira de repère pour la rénovation des deux autres tours identiques du quartier. A moyen terme, elle aidera le bailleur à hiérarchiser ses opérations de rénovation en fonction de l’âge de son parc immobilier. « Nous cherchons à établir une gradation des investissements en fonction de la durée de vie de la structure interne des bâtiments », précise Bertrand Gaubert.

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