Technique et chantier

Minipelles : une offre qui s’élargit encore

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier

Travaux urbains. Acheter ou louer ? Neuf ou d’occasion ? Une petite machine ultracompacte ou un engin plus lourd mais plus performant ? À ces critères habituels de choix s’ajoute aujourd’hui celui de la motorisation, avec l’apparition de matériels électriques.

Avec près d’une quinzaine de marques présentes en France, proposant chacune une large gamme de modèles, les acheteurs n’ont que l’embarras du choix. Un petit modèle léger susceptible d’être tracté par un véhicule utilitaire ou un modèle plus lourd pour excaver en profondeur ? Une architecture à rayon court ultracompacte pour travailler au ras des murs, ou un modèle classique, plus stable et plus facile d’entretien ? Acheter une marque très bon marché, comme il en est apparu dernièrement, ou rester sur les valeurs sûres, plus coûteuses ? À ces questions s’en ajoutent d’autres lorsque l’on sait qu’un tiers des minipelles vendues en France le sont à des loueurs de matériels, que leur parc est riche d’environ 25 000 machines et varié. Dès lors vaut-il mieux acheter sa minipelle ou en louer une à chaque chantier ? De plus il existe, en parallèle de cela, un marché de l’occasion actif et bien fourni sur lequel il est possible de faire de bonnes affaires et qui constitue une alternative tant à l’achat d’une machine neuve qu’à la location. Comme si ce choix déjà vaste ne suffisait pas, une nouvelle offre commence à se développer sérieusement : ce sont les moteurs à « zéro émission ». Le japonais Takeuchi en propose depuis longtemps, mais l’autrichien Wacker Neuson innove en la matière avec une machine qui lui a permis de décrocher un prix de l’Innovation lors du salon Intermat 2015. Volvo en reste à l’état de prototype avec sa Gaiax, présentée l’année dernière, dont le contrepoids est remplacé par des batteries amovibles. Depuis ces dernières années, les marques sont de plus en plus nombreuses à vanter les mérites de ces machines 100 % électriques ou biénergies, c’est-à-dire combinant un moteur thermique et un moteur électrique. Notons que la taille d’une minipelle et la faiblesse de sa puissance moteur — même les plus gros modèles ne dépassent pas 36 kW — ne justifient pas la recherche de solutions hybrides comme on en trouve sur des pelles plus lourdes.

Sommées de moins polluer

Faut-il franchir le pas et se laisser séduire par ces nouvelles minipelles vertes ? « Avec un moteur électrique, non seulement on ne pollue pas, mais il n’y a pas de bruit ! » rappelle-t-on chez Wacker Neuson, qui oublie cependant que le bruit émis par le moteur n’est pas, loin s’en faut, la source principale du bruit global émis par la machine au travail. Mais l’argument peut tout même séduire les hôpitaux, les galeries commerciales, les immeubles d’habitation ou encore les chais viticoles… Les applications ne manquent pas ! Là où cela bloque, en revanche, c’est au niveau du prix ! « En moyenne, le surcoût pour une machine équipée d’une double motorisation est de l’ordre de 20 à 30 % », concède un concessionnaire, qui tempère toutefois : « Évidemment, ce n’est pas rien. Mais les minipelles restent relativement accessibles si on les compare à d’autres engins de chantier… » En attendant que la production augmente, que la concurrence se renforce et que les prix baissent, certains réfléchissent déjà à d’autres alternatives. C’est notamment le cas du numéro un mondial de la spécialité, Kubota, qui compte profiter de son savoir-faire en tant que motoriste pour mettre au point une minipelle équipée d’un moteur au gaz… Les minipelles « vertes » n’en sont encore qu’à leur balbutiement, mais elles sont promises à se développer. Ne serait-ce qu’à cause des décisions prises par certaines municipalités qui instaurent des zones à émissions polluantes réduites (low emission zone) dans les centres-villes, des endroits qui sont justement le terrain d’intervention favori des minipelles.

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Les quatre principaux acteurs

Kubota

Chiffre d’affaires 2014 14,6 milliards $
Effectifs 33 800 salariés

Numéro un mondial de la spécialité, le japonais reste avant tout un fabricant de matériel agricole, surtout connu en France pour sa gamme espaces verts. Une usine de tracteurs ouverte cette année, près de Dunkerque, va changer la donne avec du matériel plus lourd. Parallèlement Kubota vient de lancer une gamme de chargeuses articulées.

Yanmar

Chiffre d’affaires 2014 6,3 milliards $
Effectifs 16 600 salariés

Le japonais Yanmar a installé une usine de minipelles, en France, à Saint-Dizier, en Haute-Marne. Cette implantation a été réalisée en association avec la marque suisse Ammann avant que celle-ci ne s’en désengage. Ce sont des machines simplement appelées Yanmar qui sont aujourd’hui fabriquées en France.

Bobcat

Chiffre d’affaires 2013 7 milliards $
Effectifs 5 677 salariés

Bobcat appartient au coréen Doosan Infracore — les chiffres indiqués ci-dessus sont ceux du groupe. Les minipelles Bobcat ont deux origines : les plus petites, « 100 % Bobcat », sont fabriquées à Dobris, près de Prague, en République tchèque. Les plus lourdes viennent de Corée. Ce sont des Doosan, vendues sous une autre livrée.

Volvo

Chiffre d’affaires 2014 7,6 milliards $
Effectifs 14 900 salariés

Le suédois Volvo a ajouté les minipelles à son catalogue en 1995 quand il a racheté le français Pel-Job qui fut un précurseur. Il reste de cet héritage une usine à Belley, dans l’Ain, qui conçoit et fabrique les minipelles du groupe. Longtemps seule dans cette spécialité, l’usine française se partage maintenant la production avec un site coréen.

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30 % 

C’est la part des minipelles vendues en France qui partent dans les parcs de location. Aujourd’hui, 25 000 minipelles sont à louer dans notre pays, à des tarifs encore orientés à la baisse.

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Estimation des parts de marché en France en 2014

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8 333 - unités

C’est le nombre de minipelles vendues en France en 2014. En progression de 9 % par rapport à l’année précédente, ce volume de marché reste encore loin des 11 000 unités en un an qui a constitué le record de 2007.

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