Enjeux

Mimbus matérialise l’apprentissage 2.0

Mots clés : Apprentissage - Apprentissages - Entreprise du BTP - ERP sans hébergement

La jeune pousse fait entrer la réalité virtuelle dans les centres de formation professionnelle du BTP.

Mimbus veut révolutionner la formation professionnelle dans les métiers manuels. Depuis 2011, la start-up toulousaine conçoit des simulateurs virtuels, notamment pour le BTP. Déjà en forte croissance (+ 67 % de chiffre d’affaires en 2016 à 750 000 euros, + 100 % attendu en 2017), la jeune pousse pourrait bénéficier du plan d’investissement dans la formation professionnelle de 15 Mds € promis par Emmanuel Macron, dont une partie sera consacrée à la création de nouveaux outils pédagogiques.

C’est dans les années 2000 que l’idée qui mènera à la fondation de la start-up commence à germer dans l’esprit de Laurent Da Dalto. Chargé de concevoir un simulateur de soudage pour un éditeur de logiciels, ce docteur en informatique prend conscience de l’intérêt de la simulation virtuelle pour l’apprentissage des métiers manuels.

Convaincu du fort potentiel de ce projet, il démissionne et fonde Mimbus. Très vite, la jeune pousse s’intéresse à la construction et développe avec des professionnels des outils dédiés au BTP. Parmi eux, Vortex, un simulateur de conduite d’engins de chantier et de levage. « Grâce à ce mode d’apprentissage, les élèves passent plus de temps à manœuvrer, et peuvent être confrontés à des situations très diverses, difficiles à reproduire en formation classique », détaille Laurent Da Dalto, qui ne prétend pas se substituer à l’apprentissage manuel concret.

La start-up a lancé Vortex, un simulateur de conduite d’engins de chantier et de levage.

Mimbus a aussi développé un outil de réalité virtuelle dédié à la revue de chantier. Muni de lunettes, l’élève se déplace dans la maquette 3D d’un bâtiment pour déceler les défauts introduits par le formateur. « L’idée n’est pas de faire du BIM comme certains le font déjà très bien, mais d’initier les petites entreprises au numérique. Il est essentiel de sensibiliser tous les futurs acteurs de la construction si on veut que le BIM marche, et les organismes de formation sont demandeurs », confie Laurent Da Dalto.

Réduire l’accidentologie. Mimbus travaille en ce moment sur des environnements virtuels de chantier, destinés à apprendre à monter un échafaudage ou à travailler en hauteur. « L’apprentissage par simulation permet entre autres de réduire l’accidentologie. Les élèves apprennent plus vite, et les formateurs ont un suivi précis de leur progression », assure le fondateur.

Les centres de formation français ont longtemps été réticents à se lancer dans la simulation, mais les CFA, BTS, lycées techniques et autres Afpa commencent à s’équiper. Conséquence : l’international représente plus de 70 % du chiffre d’affaires de Mimbus, qui décroche ses marchés v i a des appels d’offres publics, surtout en Asie. Liebherr Cranes ou Caterpillar utilisent aussi les simulateurs de la jeune pousse dans leurs centres de formation. Laurent Da Dalto en est convaincu : « Il y a des choses géniales à créer pour faire de la génération Z des travailleurs manuels compétents, connectés et en phase avec les évolutions de la construction. »

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2011

2011 : date de création.

750 000 euros de CA en 2016.

1,5 million d’euros de CA prévu en 2017.

12 collaborateurs.

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L'avis de l'expert - Pépite

« Le potentiel de la simulation virtuelle dans la formation professionnelle est énorme. Mimbus, qui suit de près l’évolution du BTP, en comprend les enjeux et y apporte des réponses adaptées.

Elle a saisi qu’il était indispensable, quand on parle du Plan de transition numérique du bâtiment, de former tous ceux qui seront amenés à intervenir sur la chaîne de construction, y compris les petites entreprises.

Après, il reste essentiel de créer des allers-retours entre virtuel et réel pour confronter les élèves à la réalité. »

Jean-Pierre Alexandre, ingénieur en formation, en charge de la R & D à l’Afpa Toulouse.

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