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Metz : une bonne entente entre les promoteurs et les archéologues

Mots clés : Conservation du patrimoine

Sur la colline Sainte-Croix où les Romains ont construit Metz, le plus grand chantier privé de la ville se déroule sans conflits entre archéologues et promoteurs. Grégoire Etcheverry, le directeur du bureau d’études R2A, assistant des maîtres d’ouvrage, s’attend à une facture archéologique un peu inférieure à 1 % de l’investissement : plus de 150 millions de francs engagés par Batibail et Batigère dans la construction de 312 logements et 3 niveaux de parking.

La bonne entente entre les deux parties ne s’est jamais démentie, d’une maîtrise d’ouvrage à l’autre : « Le premier promoteur est venu nous voir de son propre chef, pour connaître nos impératifs, longtemps avant le démarrage des travaux », témoigne Martine Willaume, conservateur régional de l’archéologie. Ces discussions ont abouti à la convention signée par le préfet le 6 juin 1995, puis aux fouilles menées en décembre de cette année. Le même esprit préside à la préparation des tranches suivantes par le repreneur du projet : l’anticipation constitue le mot clé du discours de Grégoire Etcheverry.

Cette attitude ouverte se retrouve chez Raphaël de Filippo, responsable scientifique des fouilles : « Je refuse l’image de l’archéologue encroûté dans son coin. Nous appartenons à la ville actuelle et future, ce qui nous amène à travailler avec le souci de ne pas bloquer les projets ».

L’ingénieur de l’Association des fouilles archéologiques nationales (Afan) reconnaît que l’ambiance de respect mutuel qu’il a trouvé à Metz ne constitue pas une règle générale : « Le service régional de l’architecture a mené un gros travail d’éducation », souligne-t-il. Cette réussite repose en partie sur les outils dont s’est doté le conservateur régional de l’archéologie, grâce à l’aide de la ville : Metz dispose depuis 1992 d’un document d’évaluation du patrimoine archéologique urbain. Le marché local a également contribué à créer une habitude de dialogue entre administration et promoteurs : « Les projets privés représentent 28 % des opérations et 11 % des financements au plan national, contre 38 % des opérations et 23 % des financements dans l’Est de la France », souligne Martine Willaume.

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