Technique et chantier

Matériau Un béton décoffrable après quatre heures

Mots clés : Béton - Entreprise du BTP - Gros oeuvre - Industriels du BTP - Produits et matériaux

A Marseille, Cari met les bouchées doubles pour livrer dans les temps un immeuble d’habitation dont le gros œuvre a démarré avec un an et demi de retard. Une accélération rendue possible par la mise en œuvre du nouveau béton Chronolia de Lafarge ouvrable 2 heures.

«Les Hauts de Louvain se situent en pleine ville, dans un quartier où il n’a pas été facile de démolir l’ancien et de terrasser. Si bien que nous n’avons démarré la construction de cet immeuble qu’en février 2007, avec un an et demi de retard », explique Frédéric Lambert, chef de projet chez Cari. Pour que cette résidence de 105 appartements située dans le VIIIe arrondissement de Marseille puisse être livrée avant mars 2009, le constructeur a dû se lancer dans un véritable sprint. Et innover, au niveau des voiles de joints de dilatation notamment, en faisant appel au nouveau béton rapide Chronolia de Lafarge. « Cette solution nous permet de réaliser deux rotations dans la journée au lieu d’une seule », indique Frédéric Lambert.

Accélérateurs et superplastifiant

Alors qu’un béton classique réclame une quinzaine d’heures de durcissement avant de pouvoir être décoffré, le Chronolia n’en demande que quatre. Fabriqué vers 10 heures le matin par la centrale Venelle d’Aix-en-Provence, le béton est livré une heure plus tard sur le chantier, puis coulé le plus rapidement possible. « Ce produit dispose de deux heures d’ouvrabilité », précise Florent Chanac, assistant chef de marché chez Lafarge. Le durcissement s’accélère au cours des deux heures suivantes et s’avère suffisant pour le décoffrage d’une des deux banches en début d’après-midi, aux alentours de 14 heures. Les ouvriers procèdent alors à la pose du joint de dilatation en polystyrène expansé, puis au coulage du deuxième voile, réalisé en béton classique. Le décoffrage intégral du sandwich peut ainsi avoir lieu à 8 heures le lendemain matin alors qu’il n’aurait été possible que le surlendemain avec une structure entièrement faite de béton conventionnel.

Mise au point en partenariat avec Chryso, la composition du Chronolia est caractérisée par la présence d’un superplastifiant et de divers accélérateurs. Elle est en fait ajustée au type de carrière (formule travaillée au cas par cas selon la centrale), à la température ambiante et enfin aux performances recherchées. Lafarge propose ainsi un béton Chronolia dit « 48 heures » qui atteint en deux jours la résistance qu’un béton normal n’offrirait qu’au bout de 28 jours. Le domaine d’application de ce béton ultrarapide ne se limite d’ailleurs pas aux murs mais couvre aussi les planchers ainsi que la réparation des chaussées et des ouvrages de génie civil. La remise en circulation est en l’occurrence possible 6 heures après le coulage pour les véhicules légers et 24 heures plus tard pour les poids lourds.

Sur le chantier des « Hauts de Louvain », ce matériau a permis de doubler le métrage journalier de voiles sans pour autant investir en moyens humains ou matériels supplémentaires (coffrages notamment). L’accélération du chantier a, par ailleurs, été conduite avec des horaires normaux et sans nuisance supplémentaire pour le voisinage. Frédéric Lambert souligne la qualité des parements obtenus et le faible bullage, synonyme d’une diminution du nombre d’heures de finition.

« Pour profiter des avantages du Chronolia sans se laisser piéger par sa réactivité – quoiqu’il existe un antidote pour éviter la prise en masse en cas de problème –, il faut une grande rigueur dans la mise en œuvre », explique toutefois le chef de projet. Et un brin de circonspection dans l’étude économique : à 145 euros environ le m3 au lieu de 75 euros pour le béton Bronzo Perasso utilisé dans le reste du chantier, il n’a été employé que de façon parcimonieuse (200 m3 environ sur un total de 8 500 m3), là où il faisait vraiment gagner du temps.

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