Régions Lille

Mama Shelter s’invite du côté de chez Swam

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social

559 000 logements sociaux dans la région Hauts-de-France, soit un peu plus de 1 logement sur 5.

16 % seulement du parc locatif social des Hauts-de-France ont été construits après l’an 2000.

57 500 logements sociaux attribués en 2015, alors que les Hauts-de-France comptent encore 172 500 demandeurs.

Vingt-cinq ans après, la ville continue ! Euralille, deuxième quartier d’affaires de France (hors Paris), « s’intensifie avec audace, se connecte avec finesse, s’anime avec plaisir », selon les promoteurs de Swam. Ce nouveau lieu de vie et d’animation d’ambition métropolitaine prendra en effet place, à la fin 2018, sur l’emprise de l’ancienne caserne Souham, à l’articulation des gares Lille-Flandres et Lille-Europe.

Organisé le long d’une promenade haute recréant les anciennes fortifications de la porte de Roubaix, ce programme mixte de 11 600 m et 55 millions d’euros abritera 2 480 m de commerces « dont l’offre se veut inédite à Lille », 3 460 m de bureaux « d’un haut niveau de qualité d’usage », un restaurant panoramique dominant le parc Matisse et – pierre angulaire du projet – un hôtel Mama Shelter (112 chambres), nouveau signal dans la skyline lilloise, qui offrira un belvédère unique sur la ville. Car, après une série de difficultés en tout genre et une longue période de fouilles archéologiques, les choses se sont soudain accélérées ces derniers jours.

Métamorphose de la « turbine tertiaire ». L’acte de vente du terrain entre la SPL Euralille et le promoteur de l’opération, Nacarat (groupe Rabot Dutilleul), vient d’être signé, et, dans la foulée, la première pierre posée, donnant le top départ des travaux. Damien Castelain, le toujours très enthousiaste président de la Métropole européenne de Lille (MEL), voit dans ce geste symbolique, au croisement des compétences aménagement, développement économique et tourisme de la collectivité, le vrai coup d’envoi du projet urbain Euralille 3000 (260 000 m au total), prolongement d’Euralille 1 et 2 censé métamorphoser la « turbine tertiaire » chère à Pierre Mauroy en véritable cœur d’agglomération. Entre la ville historique et celle initiée par Rem Koolhaas à la charnière des millénaires, Swam sera, à en croire ses instigateurs, « la » destination lilloise des années à venir, « un lieu unique et magnétique ». « Ici, il y aura de l’ambiance », promet François Dutilleul, le président du directoire de Rabot Dutilleul. Ou comment dessiner le futur en réinterprétant le passé. La brique, revisitée pour lui donner une forme plus contemporaine, sera ainsi le principal matériau utilisé, aux côtés de l’acier et du verre.

La technique vient se glisser entre les murs épais de l’Histoire.

Jeu de strates et de volumes. Parce qu’il ne pouvait en être autrement, l’architecture de Swam a été confiée à une agence dans l’air du temps : de Alzua+, dont la triple implantation à Lille, Nantes et Paris parle d’elle-même. « C’est un projet d’une ambition exceptionnelle, estime Jérôme de Alzua. Nous avons travaillé la masse et développé les fortifications. Les limites de bastion deviennent les frontières épaisses du parc dans lesquelles la technique vient se glisser. Ainsi le parking en rez-de-chaussée sera-t-il ventilé et éclairé naturellement par une façade en moucharabieh de briques, reprenant le calepinage de la porte de Roubaix. » Afin de créer des points de vue, l’agence a également mis en place un jeu de strates et de volumes. Swam sera ainsi marqué par plusieurs émergences, la première étant celle de l’hôtel Mama Shelter avec ses neuf niveaux, qui reprend la morphologie de l’ancienne caserne. « Ce travail volumétrique révélera les lieux emblématiques de l’environnement immédiat du site à travers une alternance de vides et de pleins, offrant à voir tantôt la ville tantôt le parc. » Swam se veut également un programme 5 étoiles sur le plan environnemental. A ce titre, il vise la certification Breeam Very Good. Pour atteindre ce niveau de performance, Nacarat s’appuiera sur une isolation renforcée et la récupération des eaux pluviales. Objectif : RT 2012 – 20 %. La conception a également suivi une réflexion proche du cradle to cradle de manière à construire des bâtiments écobénéfiques.

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Quand un général d'Empire est transformé en marque…

Il y avait déjà la gare Saint-Sauveur, devenue « Saint-So » avant même que Jan Gehl n’ait eu le temps de transformer la friche ferroviaire en écoquartier. Voici « Swam ». Inutile d’essayer de déchiffrer l’acronyme, ça n’en est pas un. Un petit cours d’orthographe s’impose cependant. Jusqu’à présent, « Swam » s’écrivait « Souham », du nom du général d’Empire vainqueur de la bataille de Tourcoing en 1794, qui donna son patronyme à l’ancienne caserne Saint-Maurice reconstruite sous Napoléon III. C’est sur les vestiges de ce lieu de défense démantelé au début du XXe siècle que se positionne le projet initialement dénommé « Souham », Son écriture en phonétique a, toutefois, été jugée plus vendeuse à l’époque des textos et des réseaux sociaux.

Dans deux ans, le Lillois pourra donc en sortant du Saint-So Bazaar filer à Swam pour retrouver quelques amis followers sur le roof top du Mama. Franchement, ça le fait !

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