Edito

Make France great again !

« Nous allons reconstruire nos autoroutes, ponts, tunnels, aéroports… », promet le président. Ah bon ? « Nous rebâtirons nos infrastructures pour qu’elles deviennent excellentes », insiste-t-il. Vraiment ? Le vent aurait-il tourné enfin pour les TP ? Pas encore, malheureusement. En tout cas, pas ici. Le président en question n’est pas le nôtre. Cette promesse fut l’une des premières phrases prononcées par Donald Trump le soir de son élection. Sans outrance pour une fois, le futur locataire de la Maison Blanche déclarait sa flamme aux infrastructures.

De ce côté-ci de l’Atlantique, on ne nous promet ni autoroutes ni ponts. Pourtant, nos besoins sont immenses…

Bien sûr, il faut espérer que la campagne électorale qui s’ouvre ici ne se vautre pas dans les bassesses de celle qui vient de s’achever là-bas. N’empêche, de ce côté-ci de l’Atlantique, le débat public paraît se résumer à une surenchère concernant la réduction des dépenses publiques (« 80 milliards ! », « Non, 100 milliards ! »… ). Dans ce contexte, l’interpellation des pouvoirs publics par les TP (« Investissez 8 à 10 milliards de plus ! ») peut paraître incongrue, voire totalement à côté de la plaque. On nous promet du sang et des larmes, certainement pas des ponts ni des autoroutes.

Sans parler des aéroports.

Pourtant, nos besoins sont immenses. Et pas seulement pour entretenir l’existant. Pas besoin d’être grand clerc – ni président des Etats-Unis – pour comprendre que les coups de pioche d’aujourd’hui font la compétitivité de demain. Le président de l’Afitf estime que 3 milliards d’euros par an sont nécessaires pour financer les seules infrastructures de transport. On lui répond : « Etat en faillite. » Pour résoudre la quadrature du cercle, il faudra faire preuve d’imagination. En transférant une partie des coûts du contribuable vers l’usager par exemple. Ou en encourageant les collectivités qui privilégient l’investissement au fonctionnement, plutôt qu’en sabrant aveuglément. Autant de propositions mises sur la table pour concilier sérieux budgétaire et projets structurants.

Au futur président de s’en saisir. Le nôtre.

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