Enjeux

Mais où est passée la tutelle ?

Mots clés : Lutte contre l'exclusion

On attendait Groucho et ce fut Marx. En récompensant le duo parisien Jean-Marc Ibos et Myrto Vitart, le jury du Grand prix national de l’architecture 2016 a, si l’on peut dire, fait dans la demi-mesure plutôt que dans le panache. Qu’on nous comprenne bien : l’œuvre construit d’Ibos & Vitart n’est pas en cause, même s’il n’est pas au-dessus de toute critique. Mais, à cette sorte de « primaire » de l’architecture, parmi les quatre autres prétendants – Patrick Bouchain, Anne Démians, Renée Gailhoustet et Marc Mimram – notre cœur allait davantage vers Bouchain ou Gailhoustet. L’un aura sans doute été jugé trop courtisan, voire pas assez architecte – il n’est que « reconnu qualifié en qualité d’architecte au titre de l’article 10. 4 de la loi de 1977 sur l’architecture », à l’instar d’un Bofill ou d’un Wilmotte – ; l’autre, qui méritait aussi amplement la distinction, a le tort d’être une femme engagée, sans strass ni paillettes, qui ne mâche pas ses mots, trop longtemps dans l’ombre de Jean Renaudie, et que beaucoup ont oubliée. Sic transit gloria mundi.

Tout ceci ne serait pas bien important si ce Grand prix ne lançait, dans la foulée, les premières Journées nationales de l’architecture (JNA) ces 14, 15 et 16 octobre, destinées à rendre la discipline « encore plus visible et accessible à tous » aux dires de la ministre de la Culture. Visible et accessible… Ce n’est pas exactement ce qui se trame à Clamart (Hauts-de-Seine) où la merveilleuse « Petite Bibliothèque ronde », icône construite en 1965 par les architectes Gérard Thurnauer, Jean Renaudie – encore lui – Jean-Louis Véret et Pierre Riboulet (Atelier de Montrouge), pourtant classée aux Monuments historiques en 2009, se voit cernée d’une palissade de 3 mètres de haut, son personnel sommé de quitter les lieux et ses utilisateurs priés d’aller voir ailleurs. Ors de la République contre violence symbolique. Prolixe en communiqués de presse à la moindre occasion, la tutelle se montre une fois encore étrangement muette dès qu’il s’agit de défendre le patrimoine architectural récent.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X