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Macoretz, l’entreprise où l’on aime les lundis

Mots clés : Chapiteaux, tentes, structures

Depuis sa création il y a trente ans, la Scop tente de rester fidèle à son engagement d’établir un autre rapport au travail.

Dans le hall d’entrée du siège social de Saint-Père-en-Retz (Loire-Atlantique), les quatre fauteuils design donnent le ton. Ils reprennent chacun les lettres de l’acronyme Scop, comme société coopérative ouvrière de production. « La question du statut était comme une évidence, car nous voulions partager le projet et les résultats de notre travail », explique Serge Boureau, P-DG de Macoretz Scop et ardent militant – notamment au sein de l’Union régionale des Scop de l’Ouest, qu’il préside depuis deux ans.

Macoretz aime se définir comme une entreprise qui « fait aimer les lundis ». « Un autre rapport au travail est possible », assure Serge Boureau. D’où une politique volontariste en matière de formation : Macoretz compte quelque vingt apprentis par an, avec de belles réussites comme celle de Thomas Landreau, médaille d’or 2015 des Olympiades des métiers en carrelage. Quant aux salariés, la plupart adhèrent à la démarche Scop. Sur 188 personnes, ils sont 108 à avoir choisi d’être sociétaire. « Le principe un homme égale une voix implique aussi un partage des risques et des responsabilités, et chacun des sociétaires alimente le capital avec 5 % de son salaire brut annuel (plafonné à 16 000 euros, NDLR) », commente Maud Colmard, architecte et animatrice de la commission vie coopérative.

Derrière un leader.

Paradoxalement, la gouvernance démocratique d’une Scop renvoie à la nécessité d’avoir un véritable leader à sa tête. C’est, sans conteste, le cas de Serge Boureau, dont le poste de P-DG est soumis au vote tous les quatre ans et qui en est à son 5e mandat. L’entrepreneur, engagé dans un travail d’introspection plus personnel depuis six ans, se donne d’ailleurs un dernier mandat pour préparer sa succession, vraisemblablement « en interne ».

Sur les chantiers, l’entreprise doit batailler comme les autres, notamment au niveau des prix. « Nous avons été un peu secoués l’année dernière », reconnaît Serge Boureau. Mais l’entreprise, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 21 millions d’euros en 2015, peut s’appuyer sur sa solidité financière et sur un outil de production remarquable, inauguré en 2014 (siège de 1 600 m2 sur deux niveaux, atelier de 1 000 m2, espace d’exposition…). L’investissement de 7 millions d’euros s’accompagne d’une refonte des marques autour de la maison individuelle, de la construction bois (y compris collective) et de l’agencement (cuisines, salles de bain, rangements). Elle propose une offre globale, à l’exception de l’électricité et de la peinture.
Aujourd’hui, les sociétaires de Macoretz travaillent sur le futur projet stratégique. Celui-ci devrait s’attacher à mieux répondre aux besoins des bailleurs sociaux et des collectivités. Les réflexions portent également sur la maison optimisée, l’habitat partagé mais aussi le foncier. « Nous réfléchissons à devenir lotisseurs, mais toujours d’une autre façon », insiste Serge Boureau.

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