Enjeux

« Ma priorité : rénover les logements des ménages précaires »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP

« Le Moniteur » interroge les candidats sur leurs propositions pour le BTP. Cette semaine, François Fillon.

Les dispositifs en matière de logement et d’urbanisme du quinquennat de François Hollande doivent-ils être pérennisés ?

Je ne veux pas, comme François Hollande, abroger par principe toutes les mesures du quinquennat précédent, mais certains points de la loi Alur, comme l’encadrement des loyers, sont des freins à la croissance. Il faudra les supprimer.

Quelle place occupe le bâtiment dans vos engagements écologiques ?

La réglementation thermique que nous avons mise en place pour les logements neufs (RT 2012) a permis, en seulement quelques années, un saut énergétique plus important que celui réalisé les trente années précédentes. Beaucoup de retard dans l’action a été pris depuis 2012. Il faut privilégier la rénovation thermique dans l’existant au lieu d’engager à marche forcée une nouvelle réglementation thermique pour les bâtiments neufs.

La rénovation énergétique est donc une de vos priorités…

Plus précisément, la priorité, pour moi, c’est la rénovation énergétique des logements des ménages en situation de précarité. Nous avons mis en place en 2010 le programme « Habiter mieux », qui permet de rénover ces logements. Il faudra l’amplifier en fixant des objectifs plus ambitieux.

Les infrastructures souffrent d’un cruel manque d’investissements. Prévoyez-vous d’y remédier ?

La réponse à cette impasse financière passera par la définition d’une programmation pluriannuelle des infrastructures de transport en début de législature, adossée à la mobilisation de nouvelles recettes et à un recours accru aux financements privés. Cette remise à plat devra identifier, parmi tous les projets annoncés, ceux qui devront, le cas échéant et au regard des ressources disponibles, être reportés.

Comment permettre aux collectivités de lancer des chantiers alors que leurs moyens déclinent ?

Pour faciliter le travail des collectivités, et notamment pour libérer l’investissement, je souhaite mettre en place un pacte Etat-territoire sur la mandature. Pour garantir à chaque collectivité la stabilité dont elle a besoin, l’Etat s’engagera sur un contrat financier de plusieurs années. La baisse des dotations ne peut pas se poursuivre au rythme qu’a imposé François Hollande. Les collectivités doivent maîtriser les règles qui s’imposent à elles, notamment pour décider des investissements de long terme, qui sont la condition de notre croissance future.

Quelle place occupe le BTP dans votre politique de l’emploi ?

Dans mon programme, j’ai prévu 40 milliards d’euros de baisse de prélèvements sur les entreprises. C’est en améliorant la compétitivité que nous réussirons et que nous relancerons l’économie et l’emploi. Je vais libérer l’activité de tous les secteurs qui ont été bloqués par le matraquage réglementaire et fiscal, et notamment la construction.

« Je souhaite mettre en place un pacte Etat-territoire sur la mandature pour libérer l’investissement. »

Le travail détaché est légal en France, sous certaines conditions. Que proposez-vous pour lutter contre les abus ?

Je propose de renégocier de fond en comble la directive sur le détachement des travailleurs et d’en suspendre l’application en France si la négociation n’a pas abouti avant la fin de 2017.

Le compte pénibilité, tel qu’imaginé actuellement, est-il la bonne réponse aux travaux difficiles ?

Il faut abroger le compte pénibilité ; il est inapplicable car trop complexe. Il faut traiter la pénibilité par l’amélioration des conditions de travail, une politique de prévention plus ambitieuse et une prise en compte de la situation réelle des salariés, notamment à travers un examen médical individuel permettant une meilleure reconnaissance de l’incapacité au travail et de l’inaptitude.

Prévoyez-vous de favoriser l’accès des PME, voire des PME locales, à la commande publique ? Si oui comment ?

Moins d’un tiers des commandes publiques sont à destination des PME. La part revenant aux PME s’élève à 38 % dans les collectivités locales, contre seulement 18 % pour les commandes de l’Etat. Face à ce constat, je propose de créer un « contrat de confiance aux PME », pour accroître la part de la commande publique aux PME en visant 50 %. Redonner aux PME le poids qu’elles méritent dans la commande publique passe également par un changement de culture au sein des services publics, qui doivent être au service des entrepreneurs.

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ENCADRE

Ses engagements pour le BTP

Abroger le compte pénibilité.

Accroître la part de la commande publique confiée aux PME d’un tiers à la moitié.

Privilégier la rénovation énergétique dans l’existant plutôt que dans le neuf, avec pour priorité les ménages précaires.

Garantir la stabilité financière des collectivités en mettant en place un pacte Etat-territoire.

Suspendre l’application de la directive européenne sur le détachement des travailleurs si la renégociation échoue.

Supprimer l’encadrement des loyers.

Définir une programmation pluriannuelle des infrastructures de transport en début de législature.

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