Architecture et urbanisme

Lyon Un square ludique

Mots clés : Aménagements extérieurs - Education - Enfance et famille - ERP sans hébergement

Dans le quartier de La Duchère, à Lyon, le nouveau square Averroës sert aussi de parvis et de terrain de jeux à l’école primaire voisine : on a tiré parti de sa pente plutôt que de créer une aire de jeux d’enfants classique.

Troisième colline de Lyon, La Duchère a été urbanisée durant les Trente Glorieuses pour accueillir les mal-logés des quartiers voisins. Légèrement excentrée dans la métropole, elle a pu conserver un riche boisement, dont la mise en valeur constitue, au chapitre des espaces publics, l’un des axes du Grand projet de ville mené aujourd’hui.

Le but essentiel du Grand projet est de mieux intégrer le quartier de La Duchère à la ville. Aussi, l’introduction de logements en accession à la propriété ou loyer libre parmi le parc HLM va-t-il de pair avec la création d’une trame viaire forte devant relier le quartier à la ville ancienne ainsi qu’au pôle d’emploi et de commerce de l’ouest de l’agglomération. Cette trame viaire, sobre mais raffinée dans ses détails, a été dessinée par le paysagiste Alain Marguerit, chargé du projet urbain avec l’architecte-urbaniste Bernard Paris.

Gradins et rochers

Le troisième niveau d’intervention sur l’espace public consiste à créer places et squares, ainsi que des jardins au cœur des nouveaux îlots d’immeubles, ouverts en journée. Les ateliers de travail menés par Alain Marguerit, avec à chaque fois une vingtaine d’habitants, ont insisté sur la nécessaire complémentarité des principaux sites à aménager : square Averroës, place centrale, parc du Vallon. Le square, tout juste achevé, a ainsi été dessiné comme un lieu d’apaisement, les habitants réalisant notamment que ce lieu ne pourrait comporter de partie propre aux ados, enclins aux débordements.Il fallait néanmoins prendre en compte que le square servirait de parvis à l’école primaire des Bleuets, quatre fois par jour. Maître d’œuvre, Alain Marguerit s’est refusé à y intégrer une aire de jeux, réglementairement délimitée : les 10 % d’inclinaison du terrain s’offraient pour imaginer une diversité de situations spatiales à explorer par les bambins. Ainsi, les gradins rattrapant la déclivité ou des rochers n’attendent que les alpinistes juniors. Seule la partie centrale en décaissé est horizontale, comme pour apporter un repère à ce socle. Elle offre son ample pelouse à tous.
Les variations sur les niveaux se doubleront d’un autre facteur d’animation : un léger creux sur un bord de la pelouse prendra des allures de zone humide, avec ses saules, iris, graminées et bambous ; les autres bords arboreront troènes ou cornouillers.
« Aux ateliers de concertation, explique le concepteur, nous avons aussi parlé de coûts pour donner tout leur poids aux choix opérés. Ce sont les gradins qui allaient être les plus chers, ainsi que le mur en gabions et ses jets d’eau intégrés. Les habitants ont demandé que la fontaine de la Compas Raison, sur une esplanade proche, soit remise en fonctionnement avant d’accepter le principe de ces jets d‘eau. »
Autre luxe, la fonte d’acier brut pour les grilles aux pieds des arbres. Pour le reste, l’économie a été de mise : sols en enrobé, béton… Les quatre sculptures commandées à l’artiste géorgien Djoti Bjalava, prévues en calcaire de Croatie comme les gradins, ont quant à elles été financées par les entreprises.

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ENCADRE

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : SERL, pour le Grand Lyon.
Maîtrise d’œuvre : Atelier des paysages (Alain Marguerit) ; Ingérop, VRD.
Surface : 2 000 m 2 .
Coût : 680 000 euros HT 25 000 euros pour l’éclairage.

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