Métier

Lucas met du « lean » dans son organisation

Le groupe de finition a su tirer profit de la crise pour revoir son mode de fonctionnement en luttant contre le gaspillage.

Perdre de l’argent peut parfois être bénéfique. En soixante ans, le groupe mayennais Lucas n’aura été dans le rouge qu’une année mais cette mauvaise passe a agi comme un électrochoc chez son P-DG, Bruno Lucas. « Nous n’avons pas échappé à la crise et nous avons vu notre chiffre d’affaires baisser de 10 à 12 % depuis 2013. Mais cette crise a été un choc salutaire. Nécessité faisant loi, elle nous a permis de mettre en place un plan de restructuration avec une nouvelle organisation. C’est ce que j’appelle notre retournement », analyse le dirigeant qui a repris l’entreprise familiale en 1992.

Relation client et organisation.

Soutenu par sa banque à hauteur de 2,7 millions d’euros grâce à un bon niveau de fonds propres et quelque 8 millions d’euros d’immobilier d’entreprise, Bruno Lucas a pu mettre en place un plan ambitieux autour de deux axes : la relation client et l’organisation. « La qualité, c’est un prérequis. Nos clients sont inquiets et veulent de la sécurité. Nous avons donc mis en place un ensemble de modes opératoires pour pouvoir les sécuriser », explique-t-il. Son objectif est de présenter, dans tout le Grand Ouest et en région parisienne, une offre globale pour les métiers de la finition visant à « proposer une offre de résultat » aux clients publics et privés du groupe. Dans cette optique, le groupe Lucas a revu de fond en comble son organisation n’hésitant pas à se séparer de cadres dirigeants ou de partenaires (Guesneau), à fusionner certaines sociétés (Lucas Construction) ou à en prendre le contrôle de nouvelles (Vivolum). « Nous sommes sortis de l’organisation pyramidale classique autour d’un directeur d’exploitation, pour mettre en place une organisation en réseau. Comme ce qui peut se passer dans la grande distribution, nos directeurs de société ont pratiquement tous une double mission. Par exemple, pour le BIM, c’est un de nos directeurs de société qui est le référent sur cette question. C’est lui qui me choisira le meilleur outil, le meilleur mode opératoire pour le groupe », détaille Bruno Lucas.

Chasse au gaspi.

Dans le même temps, le dirigeant, par ailleurs président de la commission nationale des affaires économiques de la FFB, a fait appel au spécialiste français du lean construction Patrick Dupin (Delta Partners) pour mettre en place une « chasse au gaspi » en simplifiant et standardisant les organisations de chantiers. « Les prix bas que l’on a tous pratiqués pendant cinq à six ans vont rester un certain temps encore au même niveau. Ce que nous n’allons pas gagner dans les prix de nos appels d’offres, il nous faut le gagner dans l’organisation, en limitant nos pertes internes », assure Bruno Lucas qui va mettre en place, « avant le début de l’année prochaine », sa propre structure interne pour développer le lean. Pour l’heure, trois sociétés du groupe l’ont expérimenté avec succès et Bruno Lucas espère en impliquer sept autres en 2017 avant de généraliser la démarche.

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