Architecture Aménagement

Lourdes ressuscite son sanctuaire

Mots clés : Architecture

Pour redonner toute sa sacralité au lieu, l’agence d’architecture Inca a désencombré le site.

Dans les Hautes-Pyrénées, le sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes cherche un meilleur équilibre entre spiritualité et tourisme de masse. Ainsi, pour redonner sa valeur au site ceinturé par le gave de Pau et à la célèbre grotte de Massabielle, où la Vierge serait apparue à Bernadette Soubirous, l’association diocésaine de Tarbes et Lourdes, maître d’ouvrage, avait soif de simplicité. « Par exemple, sur la rive gauche, à proximité de la grotte, se sont accumulés mobilier urbain, kiosques et autres constructions qui participent à atténuer la sacralité du site. Il était nécessaire de le désencombrer », explique Sébastien Maysounave, responsable des services techniques à l’association diocésaine.

Zone rouge inondations. Lauréate du concours, l’équipe de maîtrise d’œuvre conduite par l’agence d’architecture Inca a répondu à ce désir de remettre de l’ordre tout en cherchant à protéger un site classé en zone rouge dans le plan de prévention des risques d’inondations (PPRI). Les fortes crues du gave en octobre 2012 et juin 2013 ont d’ailleurs rappelé sa fragilité. Ainsi, sur la rive gauche du cours d’eau, le mur de 3,95 m de haut, qui longera le bas de la colline abritant les bâtiments, sera étanche. Quant à la première des trois nouvelles passerelles, mise en service au printemps dernier, elle est mobile. Réalisé en conception-construction en raison de sa grande technicité, par un groupement conduit par Eiffage, l’ouvrage en inox duplex se caractérise par sa grande portée (40 m de long) et sa non moins grande finesse (40 cm d’épaisseur). Encadré par des verrous actionnés via par un système hydraulique, il peut se lever à la verticale lors des crues.

La première passerelle, qui relie les futurs jardins des Fontaines et des Lumières, est l’un des éléments du projet d’aménagement global d’Inca destiné à remettre la grotte au centre du parcours du pèlerin. Organisé en six grandes séquences paysagères, ce parcours commence sur la rive gauche avec le jardin d’ombre, un espace planté d’arbres conçu comme le lieu d’approche de la grotte, et se termine par l’espace de silence, une alcôve offrant une vue directe sur la grotte depuis la rive droite.

« Notre objectif est de redonner au sanctuaire un caractère plus sacré et de réaffirmer les messages spirituels qui lui sont propres. Remettre dans l’ordre le parcours liturgique permet, sans avoir recours à la signalétique, une meilleure gestion des flux sur un site qui attire chaque année plusieurs millions de visiteurs en provenance du monde entier », commente Gilles Marty, architecte et directeur d’Inca. Le projet a été conçu en deux phases. La première consistait à aménager le jardin d’ombre et le parvis de la grotte, ainsi qu’à mettre en scène la source. L’automne dernier a démarré la seconde qui prévoit de multiples travaux : l’aménagement du jardin des Fontaines, la réhabilitation d’une sacristie et la construction d’une autre, la réalisation d’un nouvel auvent en bois devant l’espace des piscines, le réaménagement complet de l’espace d’attente et, enfin, la création du jardin des Lumières.

Pour plus de lisibilité, le vocabulaire (sol, mobilier, végétation) est commun aux deux rives, instaurant un dialogue entre elles. La maîtrise d’œuvre a choisi de travailler le bois, la roche, la lumière et l’eau pour leur symbolique universelle. Ainsi, dans l’espace où les pèlerins effectuent leurs ablutions, les fontaines seront taillées dans de gros blocs de marbre brut local pour évoquer le rocher et la source de la grotte.

Maîtrise d’ouvrage : Association diocésaine de Tarbes et Lourdes. Maîtrise d’œuvre du projet global d’aménagement : Inca (architecte mandataire), Alep (paysagiste), Techni’cité (paysage d’opération), Luminocité (lumière). BET : TPF-Beterem ingénierie (structure, économiste), Energéco (fluides), Soluten (VRD), Gaujard Technologies (structure bois). Agenda : Première phase livrée en avril 2015.

Deuxième phase : novembre 2016-avril 2017, puis novembre 2017-mars 2018. Coût du projet global d’aménagement : 4,5 millions d’euros HT. Groupement conception-réalisation de la nouvelle passerelle : Eiffage-Greisch (BET)-Patrick Mousseigne Architecte. Livraison de la nouvelle passerelle : janvier 2016 (deux ans de travaux). Coût global de la nouvelle passerelle : 1,6 million d’euros HT.

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