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Lorraine-Luxembourg Le commerce arrive dans la ville nouvelle de Belval

Mots clés : Rénovation urbaine - Services urbains - Vélo

Après la salle de musiques actuelles Rockhal à l’automne 2005 et la banque Dexia à l’automne 2006, l’inauguration de Belval Plaza, ce 23 octobre, amène la fonction commerciale à la ville nouvelle qu’assemble pièce par pièce l’Etat luxembourgeois sur les 120 hectares de friches industrielles de Belval, à la frontière française. Porté par deux opérateurs néerlandais regroupés en un joint-venture, le promoteur Multiplan et l’investisseur Bouwfonds, le projet Belval Plaza mobilise à lui seul 180 millions d’euros et couvrira 75 000 m2 à Belval Ouest.

Logements à l’ouest, université à l’est

La première tranche comporte un complexe cinématographique de 6 000 m2 dénommé Ciné Belval, ainsi qu’une trentaine de boutiques et moyennes surfaces et 3 300 m2 de parkings.

Le programme inclut également 91 logements commercialisés à des tarifs compris entre 3 000 et 3 500 euros TTC le mètre carré. A ­proximité immédiate de Belval Plaza-1, auquel il sera raccordé par une passerelle de six mètres, ­Belval Plaza-2 ouvrira ses portes au printemps prochain. L’immeuble se composera de 248 logements et disposera d’une offre commerciale personnalisée axée sur le bien-être et la décoration intérieure. Multiplan engage à présent la construction d’une tour de bureaux de 8 000 m2 dénommée Plaza Tower. « Nous comptons ­dupliquer à Belval le concept d’Urban living consistant à proposer sur un même site ­logement, travail, restauration, centre commercial et culture, sans avoir besoin d’utiliser sa voiture. Cette approche est née voici une quinzaine d’années sur d’anciennes friches sidérurgiques en Grande-Bretagne. Elle reprend les caractéristiques des centres-villes du XIXe siècle en les ­adaptant aux besoins du XXIe siècle », explique Monique Vandenberg, directrice marketing de Multiplan.

Au nord-ouest de Belval, Agora, filiale de l’Etat luxembourgeois et d’ArcelorMittal en charge de l’aménagement du site, a retenu cinq promoteurs grands-ducaux – Asars, Tracol, Technoconsult, Kurt et Soludec – pour édifier 250 premiers logements répartis en six lots. Dans l’espace central, le centre d’affaires Square Mile occupe 75 000 m2, dont 9 000 m2 d’espaces paysagers et 40 000 m2 de bureaux.

Conçu comme une interface entre les secteurs résidentiels de l’ouest et la Terrasse-des-Hauts-Fourneaux, où dominent les fonctions tertiaires, l’espace alterne parcs et placettes publiques. La hauteur des constructions variera de un à onze étages, pour ouvrir la voie à une architecture créative. A l’horizon 2020, Belval doit accueillir 5 000 habitants et quelque 20 000 actifs.

Trois centres de recherche

Les investissements publics ne sont pas en reste. L’Etat posera à la fin de l’année la première pierre de la Maison du savoir, jalon de la future université située au nord-est du site, sur les Terrasses-des-Hauts-Fourneaux. Etalé sur quinze à vingt ans, le projet de Cité des sciences, qui occupe près de 30 ha pour 475 000 m2 à bâtir, mobilise un milliard d’euros d’investissement réparti sur vingt-cinq projets et six pôles thématiques. Dans un premier temps, deux des trois facultés grand-ducales, celles des Lettres et celle des Sciences, quitteront Luxembourg-Ville pour Belval. Outre l’université du Luxembourg, la Cité des sciences abritera trois centres de recherche. Sous les immeubles de Belval Plaza, le chantier du tunnel de Micheville est entré en septembre dans sa seconde phase de douze mois : l’infrastructure émergera en Lorraine en 2009, au sud de la voie ferrée qui trace la frontière.

Côté luxembourgeois, la prochaine étape de l’aménagement concernera le sud-ouest de Belval, dédié à l’habitat. Les lignes électriques aériennes ont été enterrées et le site sera raccordé à un réseau de chauffage urbain à partir d’une centrale gaz vapeur. Un escalier d’eau reliera les nouvelles habitations à Sanem. Cette commune limitrophe accueillera en 2011 un lycée technique d’une superficie de 41 000 m2, soit un investissement de 110 millions d’euros pour quelque 1 500 lycéens. Sanem construira par ailleurs un Centre intégré pour personnes âgées (Cipa), une école pour enfants préscolaires et un complexe sportif, soit 50 millions d’euros sur dix ans, pour coudre le tissu existant avec la ville nouvelle.

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Belval Micheville : trait d’union à Russange

Les acteurs français et luxembourgeois de l’aménagement des friches de Belval et de Micheville ont échangé leurs points de vue, le 16 octobre à Russange (Moselle). Initiative des clubs Cobaty de Lorraine, les ­Rencontres d’affaires du sillon lorrain ont joué le rôle de trait d’union. La communauté de communes du Pays Haut-Val-d’Alzette et la CCI de la Moselle se sont jointes aux partenaires habituels : FFB Lorraine, CCI de Meurthe-et-Moselle et Le Moniteur.

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« Les liaisons douces constituent notre principe de base »

Robert Kocian, directeur du marketing d’Agora Développement

L’inauguration du magasin Saturn, premier point de vente de Belval Plaza-1, se déroule dans les délais annoncés voici deux ans. A quoi tient cette remarquable ponctualité ?

Elle traduit la disponibilité et la bonne volonté des acteurs sur le terrain. Agora a par exemple accepté de fermer des voiries qui venaient juste d’être livrées, afin de laisser Multiplan poursuivre ses chantiers dans de bonnes conditions. A l’inverse, Multiplan nous a permis d’implanter une halte ferroviaire provisoire sur son terrain jusqu’à la livraison de la gare de Belval, en 2010. Nous sommes à la fois développeurs et accompagnateurs de projets.

Nous avons donc tout intérêt à instaurer de bonnes relations avec les investisseurs dès le début, d’autant qu’il reste plusieurs centaines de milliers de mètres carrés à aménager à Belval !

La bonne desserte du site vous paraît-elle constituer une condition sine qua non de la réussite ?

Certainement. Les liaisons douces constituent notre principe de base, tant entre les différents quartiers qu’entre Belval et les villes voisines. Nous ne construisons pas un mètre de voirie destinée à l’automobile sans la doubler d’un mètre de piste cyclable et piétonnière. Nous accompagnons en cela la politique de multimodalité que l’Etat luxembourgeois met en œuvre, notamment à Luxembourg-Ville. A Belval, où nous bâtissons sur des friches, nous pouvons appliquer la multimodalité comme principe de base, plutôt que de la mettre en œuvre a posteriori.

Comment s’organisera la desserte française du tunnel de Micheville, dont le chantier s’achèvera l’an prochain ?

Les détails techniques et financiers du côté luxembourgeois sont aboutis. Côté français, le principe de financement est acquis et le tracé est arrêté. La jonction entre les deux réseaux est prévue sous deux à trois ans.

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