Architecture et urbanisme

Lormont Un jardin revitalisé

Mots clés : Aménagement paysager

A Lormont (Gironde), dans le quartier de Génicart, les paysagistes Jacques Coulon et Linda Leblanc font évoluer un parc central boisé, mais qui était surtout traversé, en un lieu apaisé, ouvert à la promenade, aux jeux et aux manifestations culturelles.

Caractérisé par une forte concentration d’habitat social (77 % du parc immobilier) et un taux de chômage particulièrement élevé (27,5 %), le quartier de Génicart à Lormont fait l’objet, depuis 2001, d’un projet de renouvellement urbain conséquent. Inscrit dans le GPV des Hauts de Garonne, avec Bassens, Cenon et Floirac, c’est le plus important d’Aquitaine : 1 000 logements démolis, 650 logements neufs et 1 900 logements réhabilités. Ce programme de rénovation urbaine mise également sur la qualité des espaces publics pour régénérer le quartier. « En nous attaquant d’abord à la rénovation des espaces publics et à la construction de nouveaux équipements, nous avons voulu donner un signe fort aux partenaires et aux habitants, avant d’engager la phase de démolition-reconstruction », explique Sandrine Petit, des services techniques et de l’urbanisme de Lormont.

Situé au cœur du quartier, autour de l’ancien château (qui accueille les services jeunesse, éducation et sport de la Ville), l’espace Génicart, un parc de trois hectares, a ainsi été entièrement réaménagé. « Malgré son patrimoine boisé remarquable, cet espace public central n’était que traversé. Or, il fédère sur ces rives un ensemble d’équipements – halle de sport, groupe scolaire… D’où l’enjeu de redonner une identité à ce lieu et une nouvelle valeur d’usage », ajoute Sandrine Petit.Les concepteurs, les paysagistes Jacques Coulon et Linda Leblanc, sont partis des comportements et des pratiques en place pour constituer des entités paysagères attractives et de qualité. Les raccourcis d’usage sont ainsi confortés, notamment vers le centre commercial et l’arrêt de la nouvelle ligne de tramway.
Les passages de cyclomoteurs sont pour leur part canalisés sur un circuit en forme d’hémicycle en périphérie du château. Des dispositifs de protection discrets et robustes sont également installés dans le parc. C’est d’abord une grande banquette de 70 m de longueur par 5 m de largeur. Baptisée « la jetée du parc », cette promenade à 50 cm au-dessus du sol maintient la liaison piétonne historique du quartier tout en empêchant le passage des deux roues. Par ses dimensions et les petits bancs qui la jalonnent, cette promenade est aussi un lieu en soi.
Sa construction a été pensée pour parer à toute détérioration, les paysagistes ayant choisi, pour cet aménagement, des matériaux bruts et pérennes : « Nous avons retenu un platelage de bois labellisé, dur et incombustible, de l’ipé. Outre sa très forte densité, c’est aussi un bois gras qui offre peu de prise aux tags et se grave difficilement », explique Jacques Coulon.

Fossé, chicanes et lisses massives

Un peu plus loin, c’est un fossé qui empêche les prises de vitesse, comme les chicanes installées sur tous les chemins et bordées de lisses massives (25 x 20 cm de section) pour préserver la végétation. Celle-ci est notamment constituée de graminées qui ont la particularité de se développer rapidement et ne nécessitent qu’une à deux fauches par an. La structure arborée en place a été conservée, à l’instar des platanes sur l’ancien parking – transformé en square – qui peinaient à se développer. Aujourd’hui, ils sont protégés par de gros blocs de granit remblayés de terre. Idem pour le très vieux mûrier à palabres, chers aux habitants, qui dispose à ses pieds d’une large banquette protectrice, irrégulière et en porte-à-faux au-dessus des racines apparentes.
Quant au traitement des sols, c’est le même principe de simplicité qui prévaut, avec l’emploi de béton désactivé et de sable stabilisé naturel « qui nécessitera d’être rechargé de temps à autre mais n’aura pas à être refait, comme le stabilisé artificiel », précise Jacques Coulon.
L’éclairage nocturne participe aussi au sentiment de sécurité retrouvé. La nuit, le château se mue en une grosse lanterne au milieu du parc, les cheminements étant rehaussés de lignes de lumière.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Fiche technique

Maître d’ouvrage : commune de Lormont.
Maîtrise d’œuvre : Coulon Leblanc & associés, paysagistes ; Charles Vicarini, concepteur lumière ; Groupe Iosis, BET.
Superficie : 3 ha.
Livraison : mai 2009.
Coût travaux : 2 230 000 euros HT.
Principales entreprises : Fayat TP (VRD et génie civil) ; Satelec (éclairage) ; Francial (ouvrages bois) ; Bernard (paysage et plantations).

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X