Architecture Technique Equipement

Lorient Agglomération en sa capitainerie

Mots clés : Etat et collectivités locales

Un vaisseau de verre ancré dans la rade pilote désormais l’intercommunalité.

Premier été en rade de Lorient (Morbihan) pour le navire amiral de la communauté d’agglomération et ses 278 occupants. Ancré au quai du Péristyle, le bâtiment de 9 435 m² regroupe en un même lieu les principaux services de l’intercommunalité, autrefois dispersés. Cet équipement public constitue la figure de proue d’un quartier en plein renouvellement urbain, à la pointe de l’Enclos du port. Le site de 7,5 ha, historiquement occupé par la Marine royale puis nationale, accueillera dans les années à venir 70 000 m² de logements, de bureaux et de commerces, entourés d’eau et de jardins publics. « Le Péristyle est le lieu de naissance de la Ville de Lorient, où la première Compagnie des Indes s’est implantée en 1666. Nous ne pouvions donc pas le laisser en déshérence », explique Norbert Métairie, maire de la commune et président de la communauté d’agglomération.

Pour que les Lorientais commencent à se réapproprier ce morceau de leur ville, l’élu a souhaité que l’hôtel d’agglomération ne soit pas réservé qu’aux seuls agents territoriaux, mais qu’il soit une « maison » ouverte à tous. « La Maison de l’agglomération doit être facile d’accès à la population qui entreprend des démarches administratives, mais elle doit aussi proposer des espaces attractifs, notamment aux associations », décrit le commandant du navire. De l’espace d’exposition logé en fond de cale au belvédère niché sur le pont supérieur, plusieurs salles peuvent être occupées par des passagers d’une heure, d’un jour, voire davantage. Lorsqu’elles ne sont pas utilisées par le personnel en interne, les salles de réunion disposées en surplomb du hall d’entrée sont accessibles aux personnes extérieures qui en formulent la demande. De même, l’auditorium peut accueillir dans sa coque en bois d’autres assemblées que celles du conseil communautaire.

Un bâtiment perméable à la ville

. Les architectes Jean de Giacinto, mandataire, et Duncan Lewis, associé, ont répondu aux attentes de leur maître d’ouvrage qui ne voulait pas d’un bâtiment étanche à la ville. En montant l’ensemble des bureaux sur huit pilotis en béton armé, ils ont dégagé de grands espaces publics au rez-de-chaussée. L’escalier qui prolonge le parvis peut, par exemple, servir de théâtre en plein air. Flottant entre 11 et 21 m au-dessus du sol, les quatre plateaux de bureaux (57 x 34 m) sont traversés par trois puits de lumière. Une structure arborescente, en aluminium côté extérieur et en bois côté intérieur, maintient en sandwich les vitrages. Des bureaux paysagers et des salles de réunion, aux cloisons en verre clair, s’enroulent autour de ces patios.

Une balise sur la terre

. D’autres bureaux plus fermés, aux cloisons en bois et profilés de verre, s’alignent en périphérie de chaque plateau. Leurs occupants peuvent profiter de l’air du large grâce à des portes-fenêtres, tout en étant protégés des embruns par un monumental paravent qui enveloppe l’édifice. Cette deuxième peau est composée de 1 008 écailles en verre feuilleté, de tailles variables, enchâssées dans des cadres en bois fixés sur 124 mâts métalliques hauts de 28 m. Vues de loin, les écailles, tantôt colorées en bleu, tantôt incolores, forment une image pixelisée de la mer et de l’écume, du ciel et des nuages. La nuit, l’édifice se repère sur terre telle une balise en mer, grâce à l’intervention lumineuse de la designer Anne-Flore Labrunie. Les marches de l’escalier donnant sur le parvis sont constellées de 34 points d’éclairage qui se teintent en rouge, de 20 h 00 à minuit, puis en bleu, de minuit à 4 h 00 du matin. Navire le jour, la Maison de l’agglomération se transforme donc en phare la nuit pour illuminer la rade de Lorient.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Lorient Agglomération. Maîtrise d’œuvre : Architecture Composite, architecte mandataire ; Scape Architecture, architecte associé ; Egis Bâtiments Centre-Ouest, BET TCE ; Pénicaud Green Building, architecte HQE ; Viam, acoustique. Principales entreprises : Quille Construction (terrassement, gros œuvre, charpente métallique), CMA-Caillaud (menuiseries extérieures, façades), Audic (menuiseries intérieures). Surface : 9 434 m² Shon. Coût des travaux : 24 millions d’euros HT.

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