Architecture Technique Energie

Linky électrise la télécommunication

Mots clés : Télécommunications

ERDF a commencé l’installation de son compteur communicant, la partie visible d’un large réseau.

En guise de décorations de fin d’année, Electricité Réseau Distribution France (ERDF) a décidé d’orner les tableaux électriques de l’Hexagone d’un boîtier vert fluo. Le gestionnaire a lancé, le 1er décembre, le déploiement à grande échelle de son compteur communicant Linky. Ce dernier remplacera progressivement les 35 millions d’appareils plus anciens qui équipent tous les bâtiments de France. L’opération s’étendra sur six années, avec un budget estimé à 5 milliards d’euros, à la charge complète de l’entreprise. Les pouvoirs publics choisissent ainsi de doter le pays d’un réseau de télécommunication public complet, aux multiples usages potentiels.

Dans l’architecture du projet Linky, le transfert de l’information se déroule en deux temps. Chaque compteur diffuse et reçoit des données par l’intermédiaire de courants porteurs en ligne (CPL). Il code une information sous forme de signaux électriques émis dans une bande de fréquence comprise entre 9 et 95 kHz. Le message, acheminé sur les câbles du réseau électrique, se superpose au courant alternatif à 50 Hz. Il est intercepté par un concentrateur, dans le poste de haute tension le plus proche. « Comme son nom l’indique, cet équipement concentre les données des compteurs à proximité. Sa structure est similaire à un ordinateur, avec plusieurs systèmes d’exploitation d’un haut niveau de sécurité. Ils assurent un service continu. L’appareil envoie ensuite la collecte par le réseau de téléphonie mobile, jusqu’à un centre de supervision d’ERDF », explique Dominique Lestrade, directrice du projet Linky au sein de Cahors, une entreprise qui fournit une partie des concentrateurs du nouveau réseau. Le gestionnaire redistribue ensuite les informations aux différents fournisseurs d’énergie.

Des ascenseurs perturbateurs.

ERDF a validé cette organisation par des tests conséquents, en conditions réelles. Entre 2009 et 2011, ses équipes ont testé 300 000 compteurs communicants en Indre-et-Loire et dans l’agglomération de Lyon. « Nous avons, notamment, remarqué que les courants électriques générés par les alimentations d’ascenseur et les décodeurs TNT pouvaient brouiller les signaux CPL. Les appareils ont été adaptés en conséquence », observe Bernard Lassus, directeur du projet Linky d’ERDF. En outre, la société a inauguré à Nanterre (Hauts-de-Seine) le Linky Lab, un centre d’essai pour contrôler la production des six fabricants du compteur (Ester, Itron, Landis + Gyr, Maec, Sagemcom, Ziv).

Aujourd’hui, l’éventail de services rendus aux consommateurs demeure encore réduit (lire ci-contre). Cependant, le secteur de l’électricité bénéficie d’un outil de pilotage puissant. ERDF est ainsi en mesure d’activer une ligne à distance en moins de 24 heures. Quant aux fournisseurs d’énergie, ils disposeront de dix mesures de consommation quotidienne, autant de tranches journalières à inclure dans une future grille tarifaire. Cette dernière, en outre, pourra être différente pour chaque client.

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Ce compteur ne réglera pas tous les problèmes

En tant qu’autorité publique indépendante, le médiateur national de l’énergie recherche des solutions amiables en cas de différends entre les entreprises du secteur de l’énergie et les consommateurs. La plupart des litiges que nous traitons portent sur l’estimation des consommations. Le projet Linky représente un vrai progrès dans ce domaine. L’opérateur disposera de données de consommation beaucoup plus précises qu’actuellement. Et l’abonné pourra y accéder par l’intermédiaire d’un site Internet. Cependant, cet équipement ne réglera pas tous les problèmes. Il existera toujours des pannes et des dysfonctionnements. En outre, la démarche pourrait encore être améliorée. Nous avions préconisé, dans le logement, l’installation d’un écran en complément du compteur. Il afficherait la consommation électrique du foyer en temps réel. Finalement, seuls les bénéficiaires des tarifs sociaux disposeront de cet outil gratuitement. Les autres devront payer.

Jean Gaubert, médiateur national de l’énergie

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