Territoires

Limoges La transformation en communauté urbaine fait débat

Mots clés : Etat et collectivités locales

L’éventuel changement de statut de la communauté d’agglomération, qui deviendrait une communauté urbaine, ravive les tensions entre la mairie de Limoges (passée à droite) et Limoges Métropole (restée à gauche). Ce qui a mis le feu aux poudres ? Un schéma de coopération intercommunal, prévu par la loi NOTRe, qui doit être entériné avant le 31 mars, pour une prise d’effet au 1er janvier 2017. Le 15 décembre 2015, les élus de l’agglomération avaient voté pour. Le lendemain, ceux de la Ville ont rejeté le texte. Point de désaccord : la transformation en communauté urbaine, qui doit permettre, selon Gérard Vandenbroucke, président de Limoges Métropole, de « doter l’établissement public de coopération intercommunale de marges de manœuvre supplémentaires, de l’ordre de 3 millions d’euros ». Des moyens accrus, qui s’accompagneront de compétences nouvelles « dont l’assemblage devra permettre de gagner en efficacité et de générer des gains ».

Une Ville privée de leviers d’action.

Or, ces nouvelles compétences transférées à l’agglomération risquent de priver la Ville de presque tout pouvoir d’action locale. Et ça, le maire de Limoges, Emile-Roger Lombertie, ne peut l’accepter : « La Ville devrait se priver de pratiquement toutes ses prérogatives – le plan d’urbanisme, l’eau… Il ne resterait plus que l’état civil ! » L’élu demande une « réflexion d’ensemble » et pose ses conditions : « Il faudra changer l’exécutif communautaire, mutualiser les ressources, d’autant que la Ville de Limoges a une infrastructure qu’elle peut mettre à disposition, et élaborer un plan pluriannuel d’investissements, avec un programme budgétaire discuté en amont. »

Le président de Limoges Métropole, lui, défend le projet de communauté urbaine. « C’est indispensable et vital pour l’avenir des habitants, explique Gérard Vandenbroucke. Si nous restons en communauté d’agglomération, nous perdrons au moins 100 000 euros par an. Nous évoluons dans une grande région, avec des concurrences entre les territoires. Si nous ne devenons pas une communauté urbaine, nous évoluerons en championnat amateur et pas en ligue 1. De nombreuses villes, comme Poitiers, Clermont-Ferrand, Orléans, essaient d’obtenir ce statut. Pourquoi pas Limoges ? »

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