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Lille Ville 3000 : carte blanche donnéeà trois équipes d’urbanistes

Mots clés : Bois - Collectivités locales - Métier de la construction - Rénovation urbaine - Transport ferroviaire

La Ville de Lille a engagé une démarche d’appel à idées auprès de trois équipes d’urbanistes – KCAP, Obras et AUC – pour imaginer le devenir de trois friches urbaines : l’ancienne gare Saint-Sauveur, une partie du port de Lille, et le quartier des Bois blancs.

Djamel Klouche d’AUC, Kees Christiaanse de KCAP et Frédéric Bonnet d’Obras ont présenté vendredi 12 juin, dans l’ancienne gare de Saint-Sauveur réaménagée pour les festivités de Lille 3000, les résultats de leurs études sur l’avenir de trois friches urbaines lilloises ; l’ensemble du site Saint-Sauveur ; une partie du port de Lille et le quartier des Bois blancs, soit 60 ha au total. « La commande, c’est une carte blanche », a expliqué le maire de Lille, présidente de la communauté urbaine, Martine Aubry en introduisant deux jours de séminaires consacrés à ce thème.

Elaboration du cahier des charges

Une carte blanche, mais avec des objectifs clairs : « Nous voulons de la mixité fonctionnelle, sociale et générationnelle, et faire naître un art de ville qui s’appuie sur deux piliers, la qualité urbaine et architecturale, et le vivre ensemble. » Le maire précise ne pas vouloir de copié-collé préférant « s’appuyer sur l’histoire des sites, de la ville ».

Un groupe de travail restreint, composé d’urbanistes, d’économistes, d’architectes, d’universitaires et de gestionnaires, baptisé Hype, a été composé pour organiser cette consultation.

Stanislas Dendievel, conseiller municipal de Lille et membre du groupe Hype, précise que l’appel à idées n’est pas « une étude de définition, ou un travail d’esquisse, mais bien la recherche de pistes pour imaginer la ville du XXIe siècle pour Lille. En gros, ajoute-t-il, il s’agit de répondre à une question que nous nous posons tous comme élus : comment concilier l’impératif écologique et social qui conduit à une intensité urbaine avec la volonté légitime des habitants à vouloir vivre dans un climat apaisé, agréable avec de la douceur, de l’air, de la respiration, de l’espace… ».

L’ensemble de ces réflexions doit aboutir à la constitution d’un cahier des charges permettant de « lancer les missions pré-opérationnelles pour l’aménagement de chacun des sites concernés, couplées aux consultations internationales d’urbanisme qui seront lancées ».

Le changement d’échelle proposé par tous

Les urbanistes ont usé de la liberté offerte par la commande, en dépassant les limites du périmètre des sites, pour penser leur intégration dans la ville. Affranchis de la production de plans de masse simplificateurs, ils proposent aux élus lillois de se poser les bonnes questions, comme l’ambition qu’ils ont pour la métropole et ses conséquences sur les quartiers.

Fabienne Duwez, directrice de la Soreli, la SEM d’aménagement de nombreux quartiers lillois, confirme que l’essentiel de ce travail et de ce qui suivra, « permettra de poser les bonnes questions, le moment venu, aux urbanistes qui travailleront sur les sites ». Elle constate que « tous ont proposé de changer d’échelle, et que ces quartiers puissent être des vecteurs du changement d’image ». Ils ont également partagé le constat de ne pas « remplir l’ensemble des sites. Ils nous disent : n’ayez pas peur du vide ».

Enfin, autre point commun aux trois équipes, « la limite du périmètre des opérations qu’il serait illusoire de figer ». Tous estiment important pour leur intégration d’élargir le périmètre d’intervention aux fragments des quartiers environnants.

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Trois visions différentes

L’agence néerlandaise KCAP développe le concept d’Euraring, composé des quartiers à l’étude et de ceux qui constituent la ceinture périphérique de la ville centre. Cette ceinture urbaine « permet une extension majeure de Lille, tout en épargnant une surcharge en nouveau programme », l’enjeu étant de lier cette ceinture aux quartiers périphériques de Lille.

L’équipe d’Obras, représentée par Frédéric Bonnet, a travaillé sur un modèle résolument métropolitain où chacun des sites serait « une déclinaison urbaine centrale de séquences beaucoup plus larges, génériques ».

Enfin, pour AUC, Djamel Klouche et son équipe avancent le concept « 100 % métropolitain et 100 % délicat ». C’est-à-dire dense, de grande qualité architecturale et emblématique. Mais ce projet devra savoir être « intégralement et radicalement délicat envers les choses qui existent, envers les gens qui vont se l’approprier ».

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