Territoires

Lille Une boîte à idées pour l’avenue du Peuple-Belge

Eux n’avaient pas les moyens d’aller faire un numéro de claquettes à Cannes. En attendant, ils ont pointé le vrai sujet : les espaces publics, dont la qualité, à Lille en particulier et dans le Nord en général, fait peine à voir. Créé en 2008 par de jeunes urbanistes, le think tank Axe Culture établit un constat : malgré une multiplicité de projets d’infrastructures, Lille et sa région continuent d’afficher un solde migratoire négatif. D’autres voies doivent donc être explorées. Notamment l’amélioration du cadre de vie. D’où le concept de concours d’idées. « Nous prenons un territoire stratégique dans un état insatisfaisant et, dans un vrai processus de concertation, nous demandons au bon peuple de réfléchir avec des professionnels à sa réécriture, explique Thomas Werquin, le président d’Axe Culture. Nous ne prétendons pas dire aux élus ce qu’ils doivent faire, nous faisons juste des suggestions. »

Après s’être penché sur le Grand Boulevard, qui relie Lille à Roubaix et Tourcoing, Axe Culture s’est intéressé à l’avenue du Peuple-Belge, porte d’entrée et « verrue » du Vieux-Lille, où l’espace public est à la fois partagé de façon désastreuse et envahi par la prostitution nocturne. Martine Aubry eut dans un précédent mandat l’ambition de recreuser cet ancien canal – un dessein auquel s’accroche toujours l’association Renaissance du Lille ancien – mais le coût de l’opération, conjugué à l’état des finances publiques, la rend bien improbable, du moins à brève échéance.

Enfin de l’audace !

Vingt-trois équipes d’architectes, d’urbanistes et de paysagistes – pour beaucoup d’entre eux étudiants ou jeunes diplômés des écoles de Lille, Bruxelles et Versailles – ont donc formulé leurs propositions. D’une sélection de treize finalistes ont finalement émergé trois esquisses et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on n’avait pas vu depuis longtemps autant d’audace dans la projection urbaine lilloise ! Œuvre de quatre paysagistes (Delphine Colin, Caroline Druon, Mathilde Garro et David Vandamme), le projet « Surcyclage » (voir image ci-dessus) transforme, par exemple, la rampe routière de l’avenue en colline bucolique. Avec, au centre, un programme immobilier pour rentabiliser l’ensemble. Et soudain, par la grâce d’un dessin, un quartier redevient attractif.

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