Enjeux

Les Zelles prennent leur envol

Mots clés : Fenêtre - Produits et matériaux

Le fabricant vosgien de fenêtres assoit son développement sur le double socle du PVC et de l’aluminium.

Soixante-dix ans et toute la vie devant soi. Le fabricant de fenêtres Les Zelles célèbre cet automne son anniversaire, animé par la conviction d’avoir construit un socle solide pour son avenir. Selon le bon sens qui lui sied bien, l’entreprise vosgienne de 500 salariés a estimé que deux pieds restaient le meilleur moyen de tenir debout et d’avancer. Elle traduit le postulat par une stratégie fondée sur deux matériaux : le PVC et l’aluminium. « Ils représentent ensemble 80 % du marché, le premier en demeure le pilier en volume et le second s’affiche en progression », justifie Robert Dollat, président de l’entreprise.

Entré en 1979 dans la gamme des Zelles, le PVC n’a mis qu’une dizaine d’années pour supplanter le bois dans les deux usines vosgiennes, situées à La Bresse, siège de la société, et dans la commune voisine de Cornimont. Il permet aujourd’hui de fabriquer quelque 200 000 unités par an. L’investissement dans l’aluminium, lui, résulte d’une croissance externe : l’acquisition en 2009 d’Eural, une PME implantée à Pessac, près de Bordeaux, qui dénombrait alors 30 salariés et qui en compte cinq de plus aujourd’hui.

85 millions d’euros de CA en 2015. Trois usines dans les Vosges et en Gironde. 500 salariés.

Leader dans l’habitat social.

Tourné vers le B2B (business to business), le fabricant vend sa production à travers un réseau propre de 10 agences ou antennes commerciales disséminées dans toute la France. Le logement collectif génère à lui seul 80 % du chiffre d’affaires. « Historiquement, nous n’intervenions que dans la rénovation. La diversification vers le neuf a débuté au début des années 1990. Elle s’est intensifiée au point que la construction neuve représente désormais près de 50 % de l’activité », décrit Robert Dollat. Dans cette volonté de balayer de plus en plus large, l’entreprise indique enregistrer de premières percées auprès des copropriétés privées, elle qui revendique un leadership dans l’habitat social.

Le marché du particulier demeure donc minoritaire pour Les Zelles, qui distribue sa propre marque via un réseau d’environ 300 revendeurs. Ce positionnement commercial faillit jouer un mauvais tour à l’entreprise. En 2008, Lapeyre (Saint-Gobain), son propriétaire depuis quatorze ans, décida de s’en séparer dans le cadre de son recentrage vers le B2C (business to consumer) , ce qui fit craindre pour la pérennité de la société créée par la famille locale Fleurance. La reprise par 12 cadres autour du directeur général d’alors, Robert Dollat, en accompagnement du fonds MBO Partenaires, devenu majoritaire, a permis la relance.

Une fois sorti du giron de Lapeyre, le fabricant a veillé à mettre en avant son savoir-faire technique. Investissant 2 millions d’euros chaque année, doté d’un service recherche et développement, il consacre notamment ses efforts d’innovation à la recyclabilité et aux éléments connexes de menuiserie extérieure. En atteste le développement récent d’une baie coulissante en aluminium jugée particulièrement performante sur le plan de l’étanchéité à l’air et à l’eau, ce qui la rend très adaptée aux constructions en hauteur, à partir de cinq étages, selon le fabricant.

Mais Les Zelles a bien conscience que continuer à avancer en âge passera aussi par l’investissement immatériel. Membre du groupe d’élaboration du dictionnaire BIM harmonisé de la menuiserie, l’entreprise engagera son premier chantier en maquette numérique au premier semestre 2017, en région parisienne. Et il a mis en œuvre, depuis septembre dernier, une démarche de lean construction qui lui permet de déployer la méthode industrielle sur les chantiers.

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