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Les villes intelligentes revoient leur copie

Mots clés : Etat et collectivités locales

Face aux déboires de certaines applis de smart city, les collectivités modèrent leurs ardeurs.

Nice jette l’éponge. Après avoir investi 10 à 15 millions d’euros dans un système de stationnement intelligent, la Ville vient de faire marche arrière. Lancé en 2013, ce système était censé identifier les places libres pour les signaler aux automobilistes ayant téléchargé l’application Nice Park sur leur smartphone. Celui-ci les orientait alors pour se garer sans perdre de temps et procéder au paiement. Oui, mais voilà, le système mis au point par une société locale, Sude (devenue par la suite Mentis), filiale de la Semiacs (SEM intercommunale pour l’amélioration de la circulation et du stationnement, à Nice), n’a fonctionné que sur le papier. L’appli n’a pas emporté l’adhésion du public, habitué à se garer en double file. D’autant qu’en complément des capteurs implantés dans le bitume, le système fonctionne avec une numérotation complexe des places, inscrite à même le trottoir, qu’il faut indiquer avec son numéro d’immatriculation pour valider le paiement sur de nouveaux horodateurs prévus à cet effet. Outre que le Code de la route interdit de consulter son smartphone en conduisant, l’automobiliste avait en réalité toutes les chances de trouver sa place déjà prise avant d’y parvenir.

La cour régionale des comptes s’est intéressée au système et l’a jugé coûteux, pointant que le marché passé sans appel d’offres prévoyait une redevance faible et que « la SEM, qui a permis de développer le projet, n’en est pas propriétaire et ne bénéficiera pas des retombées commerciales que Sude-Mentis espère retirer de la vente du système à d’autres collectivités ». C’est un échec pour cette fonction emblématique de la smart city, mise en avant par les constructeurs informatiques et les opérateurs de réseaux.

Répondre à une véritable demande.

Pour les collectivités, cela montre surtout combien la mise en œuvre de tels projets est complexe, et les incite aujourd’hui à la prudence. A Annecy (Haute-Savoie), on prêche la modération en parlant de « ville du futur », comme le revendique Thierry Billet, maire adjoint au développement durable et à… la ville du futur. « Il faut d’abord observer l’adhésion des habitants aux nouveaux services connectés. Manifesteront-ils un rejet simple ou durable, trouveront-ils ces technologies amusantes un moment, puis attentatoires aux libertés publiques, ou adhéreront-ils massivement ? » La Ville a donc opté, dans un premier temps, pour le développement des réseaux numériques, l’implantation d’antennes relais et le déploiement d’un Wi-Fi public raisonné. Ensuite, la municipalité prévoit de mettre en ligne des informations géolocalisées, ouvertes sur Internet avec des données libres et utiles aux habitants, comme le cadastre vert ou solaire (qui indique l’ensoleillement des toitures en fonction de leur orientation), la thermographie aérienne, les zones inondables ou le patrimoine arboricole.

Enfin, côté capteurs, il n’est pas question de mettre en place des systèmes propriétaires au profit d’un opérateur unique, qui aurait alors la mainmise sur les services municipaux. L’idée qui prévaut est alors d’assurer le service en régie, avec des équipements libres (en open source) et interopérables, afin de maîtriser l’information. Ce qui est également valable pour le stockage des données dans le cloud.

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