Architecture

LES UNIVERSITÉS, LABORATOIRES DU DÉVELOPPEMENT URBAIN DURABLE

Mots clés : ERP sans hébergement - Établissements de soins

En 1985, Alain Touraine s’interrogeait sur l’avenir des universités : « N’ayant jamais été aussi puissantes et centrales que dans les sociétés industrielles avancées, n’y sont-elles pas menacées de disparition ? » Le sociologue observait la diversification et l’augmentation des missions leur incombant, du fait de l’accélération des changements économiques et sociaux. Trente ans plus tard, les universités n’ont pas disparu, mais elles se transforment en accompagnant les mutations profondes qui animent la société et les territoires. Transition numérique et écologique, mixité des usages, mutualisation des fonctions, ouverture sur la ville, contribution à l’aménagement du territoire et compétitivité à l’échelle internationale : tel est aujourd’hui le cahier des charges de l’immense chantier de renouvellement des universités françaises pour affronter le XXIe siècle.

Une insertion dans le territoire

L’électrochoc s’est produit en 2003, avec la publication du premier classement mondial des universités, le Shanghai Ranking : seuls deux établissements français figuraient dans le top 100, les universités Pierre-et-Marie-Curie Paris VI et Paris-Sud, respectivement à la 65e et à la 72e place. Même si la qualité de l’enseignement n’était pas ici en jeu – l’évaluation repose principalement sur le nombre de publications des enseignants-chercheurs et sur celui des prix Nobel rattachés -, l’impact ne tarde pas. Pour tenter de redorer l’image de la France au plan international, la loi Libertés et responsabilités des universités (LRU) de 2007 renforce l’autonomie des établissements en leur confiant la gestion globale de leur budget, de leurs ressources humaines et en leur permettant de devenir propriétaire de leurs murs. L’Etat, qui peine à gérer ses 18,5 millions de mètres carrés de locaux universitaires, peut désormais leur céder gratuitement les bâtiments qu’elles occupent, après évaluation de leurs capacités à devenir gestionnaire. Les universités ont ainsi la possibilité, sans passer par l’Etat, de mettre en place une stratégie immobilière sur plusieurs années : vente ou location d’une partie de leurs locaux sous-utilisés, travaux de réhabilitation, construction de bâtiments. Elles peuvent conclure des conventions directement avec des entreprises privées pour financer la recherche et l’innovation, ainsi qu’avec des collectivités locales qui cherchent à renforcer l’attractivité de leur territoire.

Dans la foulée, en 2008, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche lance le plan Campus pour la création de pôles d’excellence : Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Paris-Aubervilliers, Montpellier, plateau de Saclay, Strasbourg, Toulouse et Paris intra-murossont retenus. L’ambition scientifique et pédagogique, la situation immobilière, la vie sur le campus, l’insertion dans le territoire constituent les critères de sélection. Cinq campus dits « prometteurs » émergent également (Créteil-Marne-la-Vallée, Bretagne, Nantes, Nice-Sophia Antipolis, Clermont-Ferrand), ainsi que quatre autres dits « innovants » (Valenciennes, Le Havre,...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 260 du 17/05/2017
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