Territoires Nord-Pas-de-Calais-Picardie

Les travaux publics refusent de finir au fond du canal

Mots clés : Transport fluvial - Travaux publics

En 2015, l’activité du secteur des travaux publics a baissé de 12 % en Nord-Pas-de-Calais, après un exercice 2014 déjà calamiteux. Quelque 2 500 emplois ont été perdus au cours de ces deux années, auxquels viennent s’ajouter 1 000 supplémentaires en Picardie. « 3 500 postes, c’est 60 % des effectifs de l’usine Toyota d’Onnaing, resitue Alain Sur, président de la FRTP Nord-Pas-de-Calais. Imaginez le cataclysme médiatique que susciterait l’annonce d’une réduction équivalente du nombre de ses salariés… »

Hélas, l’horizon ne semble pas s’éclaircir. Les appels d’offres ont diminué de 30 % au dernier trimestre 2015. Au niveau national, la FNTP anticipe une baisse de 3 % du chiffre d’affaires pour l’ensemble du secteur en 2016. Mais en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, la chute devrait être encore plus sévère et flirter avec la barre des 4 à 5 %. Alors, quand, au moment même où la FRTP Nord-Pas-de-Calais tient son assemblée générale, Damien Castelain, président de la Métropole européenne de Lille (MEL), annonce lors de ses vœux à la presse son intention de doter l’agglomération d’une troisième ligne de tramway, c’est un petit bout de ciel qui se dégage.

Le canal Seine Nord Europe, vite !

De même, Xavier Bertrand rassure également son monde lorsqu’il réaffirme son souhait de voir le chantier du canal Seine Nord Europe démarrer au plus vite, soit en 2017. Le président de la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, qui entend mettre en place un plan de relance du BTP, ne s’arrête d’ailleurs pas à ce projet, fût-il colossal (4,5 milliards d’euros). Dans son courrier de réponse à la FRTP, qui l’interrogeait sur ses intentions durant la campagne électorale, l’ancien maire de Saint-Quentin évoquait des investissements ferroviaires (création du barreau Roissy-Picardie, liaison Lille-Lesquin, troisième gare TGV lilloise, réalisation d’un centre d’essais) et routiers (mise à 2 x 2 voies de la RN2, aménagement de la RN31 entre Rouen et Reims via Beauvais, doublement de la RN42 entre Boulogne‑sur‑Mer et Bailleul, achèvement de la mise à 2 x 2 voies de la RN49, entretien des autoroutes A1 et A25).
De son côté, la FRTP, qui a initié avec le Préfet de région et la cellule économique régionale, mi-2015, un Observatoire de la commande publique, a identifié, par le biais d’un questionnaire envoyé aux donneurs d’ordre publics et institutionnels du Nord-Pas-de-Calais (1 500 adressés, 300 réponses reçues), 881 projets, représentant près de 1,5 milliard d’euros d’investissements dans les trois ans à venir.
Tout espoir n’est donc peut-être pas perdu. « A nous également de prendre notre destin en main et d’adapter nos ouvrages et nos métiers aux exigences technologiques et environnementales de la société de demain, ajoute Alain Sur. Je pense notamment aux routes intégrant des cellules photovoltaïques, à celles à friction génératrice de courant, à la géothermie routière ou au bio bitume. Nos établissements de formation attestent du dynamisme de la région dans ces domaines. »

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