Autres Plan de relance autoroutier

Les travaux débuteront avant la fin de l’année

Signé début septembre, le plan de relance autoroutier prévoit 3,27 milliards de travaux dont la moitié devrait revenir à des entreprises non liées aux concessionnaires.

Enfin signés ! Après trois ans de négociations entre l’Etat et les concessionnaires autoroutiers, incluant une séquence politique fort mouvementée où la résiliation pure et simple des contrats de concessions a été évoquée par certains, les avenants entérinant le plan de relance autoroutier ont finalement été signés le 2 septembre par le gouvernement. Pour les travaux publics, asphyxiés par la baisse drastique de la commande publique, ce plan est une bouffée d’oxygène, qui va « permettre d’arrêter l’hémorragie que nous connaissons en terme d’emplois », avait affirmé Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) en avril dernier. Il prévoit, en effet, la réalisation par les principales sociétés concessionnaires (1) d’une trentaine d’opérations pour un montant de 3,27 milliards d’euros (voir carte page ci-contre). Une enveloppe que les concessionnaires prendront entièrement à leur charge en échange d’un allongement moyen de 2,5 années de leurs concessions.

Selon Pierre Coppey, président de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa), les premiers coups de pioche pourraient être donnés avant la fin de l’année. « Nous avons anticipé les consultations de maîtrise d’œuvre, afin que les appels d’offres travaux puissent être lancés le plus tôt possible », explique-t-il. Les premières opérations devraient concerner des chantiers d’aménagements environnementaux (éco-ponts, ouvrages hydrauliques…). Et avant le printemps 2016, devraient suivre, l’élargissement de l’A63 entre Ondres et Saint-Geours-de-Maremne dans les Landes, l’échangeur de Bailly-Romainvilliers sur l’A4 en Seine-et-Marne, ou le nœud de Sévenans sur l’A36 dans le Territoire de Belfort. Si l’industrie routière devra attendre 2017 pour que le plan ait un impact significatif sur son activité (2), « 80 % des investissements, représentant environ 2,6 milliards d’euros, devraient être réalisés dans les cinq premières années du plan », indique Pierre Coppey.

Un accès aux travaux facilité pour les PME-TPE.

Mais toutes les entreprises – notamment les PME – pourront-elles bénéficier de cette manne ? « Oui ! », répond le président de l’Asfa, qui affirme que « les concessionnaires d’autoroutes sont soumis depuis la privatisation à des règles de transparence, de publicité et de concurrence qui sont plus exigeantes que celles imposées aux MOA publiques » et que « si les PME/TPE avaient par le passé déjà accès aux contrats de travaux des concessionnaires », ces derniers s’assureront désormais que cet « accès sera suivi et facilité ». C’est tout l’objet du protocole signé entre l’Asfa et la FNTP en septembre 2013 (voir verbatim ci-contre).

Autre garde-fou, la loi Macron donne de larges pouvoirs à l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) pour contrôler la passation des marchés de travaux des sociétés concessionnaires. Elle impose aussi que les marchés de travaux supérieurs à 500 000 euros HT fassent l’objet d’une mise en concurrence, « à laquelle toutes les entreprises en capacité de les réaliser pourront participer, en particulier les PME », conclut Pierre Coppey. Olivier Baumann

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« 55 % des travaux aux entreprises extérieures » Pierre Coppey, président de l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa).

« Nous avons signé un protocole avec la FNTP qui prévoit que 55 % du montant des travaux seront réalisés par des entreprises non liées aux groupes autoroutiers. Ce protocole prévoit aussi de favoriser l’égalité d’accès pour les PME-TPE et la création d’un observatoire de suivi de la dévolution des marchés de travaux. »

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« La seule bonne nouvelle dans la conjoncture actuelle » Jean-Pierre Paseri, président de la commission économique de l’Usirf

Que représente le plan de relance pour l’industrie routière ?

C’est la seule bonne nouvelle qui se profile dans la conjoncture actuelle. Le volume d’activité sera conséquent pour les travaux publics, mais la part qui concernera l’industrie routière stricto sensu reste à évaluer précisément. Dans tous les cas, le plan n’aura pas d’impact significatif sur notre activité avant 2017.

En attendant, la situation s’aggrave encore pour le secteur…

Nous subissons la crise budgétaire de la maîtrise d’ouvrage publique. Comme en 2014, l’activité devrait chuter de 10 % cette année ! L’impact sur l’emploi est désastreux, et les entreprises sont déjà rentrées dans le « dur ». L’activité partielle s’est généralisée, et certaines ont commencé à licencier : 30 000 emplois ont été perdus en cinq ans. Pendant ce temps, la qualité de notre réseau routier, qui est un vrai facteur de compétitivité, continue de se dégrader. Si l’on n’agit pas maintenant, c’est la France dans son ensemble qui en paiera les pots cassés.

(1) APRR, Area, ASF, Cofiroute, Escota, Sanef et SAPN.

(2) Voir l’interview page ci-contre de Jean-Pierre Paseri de l’Union des syndicats de l’industrie routière française (Usirf).

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