Enjeux

Les TP retrouvent des raisons d’espérer

Mots clés : Travaux publics

La confiance et l’activité rebondissent à court terme. Mais la FNTP reste vigilante sur les grands projets.

Le secteur des travaux publics voit enfin le bout du tunnel. La FNTP, qui a dressé un bilan de conjoncture la semaine dernière, se dit « confiante sur les perspectives à court terme », malgré les résultats « en demi-teinte » de l’activité sur les cinq premiers mois de l’année. Ils accusent un léger repli (- 0,3 %) par rapport à la même période en 2016. Mais plusieurs éléments s’additionnent pour formuler une prévision de croissance « modeste » du chiffre d’affaires en 2017, de l’ordre de 2,5 %, à 38,6 milliards d’euros.

« Nous sommes optimistes », insiste Bruno Cavagné, le président de la fédération, qui relaie le sentiment des chefs d’entreprise du secteur : toutes spécialités confondues, ils ne sont plus que 8 % à anticiper une baisse de leur activité, selon l’enquête d’avril de l’Insee. Il est vrai que les travaux du Grand Paris Express, les effets du plan de relance autoroutier et les dépenses des collectivités locales, qui redémarrent à mi- mandat, alimenteront l’activité ces prochains mois. Les données sur l’emploi illustrent cette confiance à court terme mais aussi les incertitudes sur l’avenir plus lointain : le travail temporaire bondit – de janvier à mai, le secteur compte 6 000 intérimaires de plus qu’un an plus tôt – et la FNTP table sur un niveau d’emploi en CDD et CDI « stable » en 2017.

Manque de visibilité. Pour pouvoir parler de véritable redémarrage, le secteur a besoin de visibilité au-delà de 2017. Bruno Cavagné affiche, là aussi, son optimisme. Selon lui, la méthode du nouveau gouvernement traduit un changement de cap, « que nous avions demandé en février aux candidats à la présidentielle, à travers trois volets qui sont pris en compte ». A commencer par la naissance annoncée d’un Conseil d’orientation et de programmation des infrastructures de long terme (Copil). Cette instance d’expertise et de dialogue réunira les différentes parties prenantes pour flécher l’action publique sur le long terme. « Le Copil doit être opérationnel en septembre », insiste Bruno Cavagné. Un timing qu’il va falloir respecter. Le travail de ses représentants doit en effet alimenter le deuxième volet : une loi d’orientation attendue au premier semestre 2018.

Elle programmera les infrastructures et leur financement sur une longue période. Petit bémol, le périmètre du conseil, comme de la loi, se restreint pour le moment aux seules « mobilités » (routes, rail, etc. ). Mais Bruno Cavagné affiche sa volonté d’y faire figurer d’autres pans des travaux publics, tels que les réseaux.

Troisième volet du dispositif, la relance de l’investissement des collectivités locales. Une Conférence nationale des territoires, prévue le 17 juillet, doit aboutir à un pacte : stabilité des dotations contre réduction des dépenses de fonctionnement et augmentation de l’investissement. « Ces trois points sont actés, ils devraient permettre de donner de la visibilité sur les projets d’infrastructures », se réjouit le président de la FNTP.

Deux négociations à mener. Deux écueils subsistent. Il manque en premier lieu un « petit » milliard d’euros au budget de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf). La FNTP est en pourparlers avec le ministère des Transports et Elisabeth Borne – reçue la semaine dernière à la « fédé » – pour imaginer des recettes complémentaires. Par ailleurs, le gouvernement a annoncé vouloir faire une « pause dans les grands projets », après l’audit explosif de la Cour des comptes. Huit milliards d’euros manquent dans les caisses de l’Etat. Le canal Seine-Nord Europe ou la liaison ferroviaire Lyon-Turin sont-ils menacés ? « L’idée, ce n’est pas de les enterrer », décode Bruno Cavagné. D’autant que ces deux projets d’intérêt européen sont cofinancés à 40 % par Bruxelles jusqu’à l’horizon 2020. L’avancement des projets conditionnera l’obtention de la deuxième tranche de financements au-delà.

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ENCADRE

+ 2,5 %

+ 2,5 % de croissance attendue en 2017.

38,6 Mds € de CA prévisionnel en 2017.

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