Enjeux Promotion

Les taux maintiennent le marché

L’embellie enregistrée en 2016 pour la promotion immobilière se poursuit au premier trimestre 2017. La demande de crédit immobilier a bondi de 28 % sur un an, selon l’Observatoire Crédit Logement CSA, et le taux de commercialisations s’accélère sur la même période (+ 19 % pour Nexity, + 20 % pour Kaufman & Broad). « Les effets du prêt à taux zéro et les taux bas continuent de jouer à plein depuis le début de l’année », décrypte Michel Mouillart, professeur spécialisé en économie immobilière à l’Université Paris Ouest.

A la fin mars, le taux d’intérêt moyen accordé par les banques se fixait à 1,51 % et il devrait s’établir à 1,59 % à la fin du mois d’avril, selon l’expert. Les taux remontent, mais la pente reste douce. Et c’est tant mieux. « Une hausse trop brutale aurait un effet psychologique négatif sur les acheteurs. Et, rappelons-le, un point de taux supplémentaire correspond à un recul de 8 % de ménages finançables », signale Maël Bernier, porte-parole du courtier en crédit immobilier MeilleurTaux.com.

2,2 % maxi à la fin 2017. Pour le reste de l’année, Nexity table sur une année semblable à 2016, où près de 150 000 réservations avaient été enregistrées, selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). « Stabiliser la commercialisation après une année record, dans un contexte de remontée des taux et des prix [+ 2,5 % en 2016 selon la FPI, NDLR] , me semble satisfaisant », souligne Sandrine Allonier, directrice des relations avec les banques du courtier Vousfinancer. com. Avant la fin de l’année, les taux d’intérêt pourraient atteindre entre 1,75 % (selon Michel Mouillart) et 2,2 % (selon la Coface). De quoi soutenir la demande.

Les perspectives rassurantes sont conditionnées à l’élection d’Emmanuel Macron.

Toutefois, ces perspectives rassurantes restent conditionnées à l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Pour Sandrine Allonier, « en cas de victoire de Marine Le Pen, l’OAT 10 ans [qui reflète le coût de la ressource pour les banques, NDLR] pourrait flamber face à l’inquiétude des marchés financiers. Les taux appliqués par les banques décolleraient en conséquence. » De quoi gripper le marché. « Son dynamisme est maintenu par les taux bas, car les prix de vente sont trop élevés », prévient Paul Chollet, responsable des études à la Coface.

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