Edito Coup de griffe

Les stades pour les nuls

Les cinquante nuances de gris du procès Carlton ont éclipsé un rebondissement dans un autre dossier chaud : la cour d’appel de Douai a retoqué la prescription qui avait mis un terme à l’enquête sur les conditions d’attribution du marché du stade Pierre-Mauroy de Lille. Rappelons que l’offre d’Eiffage avait été retenue, malgré un rapport favorable à Norpac. Deux lampistes furent mis en examen. Et puis, pschitt ! Les pièces sont désormais entre les mains du juge Gentil, qui n’a pas la réputation de l’être. Concomitamment, le parquet de Nice ouvrait une enquête sur d’éventuelles irrégularités, susceptibles d’avoir entaché le contrat de partenariat public-privé (PPP) passé entre la Ville de Nice et Vinci pour l’Allianz Riviera.

Décidément, ces grands stades sont des équipements toxiques. Au-delà des dérapages inhérents à leurs chantiers, ces cathédrales New Age vont plomber durablement le budget de nos collectivités bien plus sûrement que la baisse des dotations de l’Etat ! Dans trente ans, il faudra encore rembourser ces enceintes à l’obsolescence programmée, qui seront devenues démodées. On expliquera alors à nos enfants qu’il n’y a plus d’argent pour construire des hôpitaux, des écoles et des théâtres, et aux entreprises de travaux publics qu’il n’est plus possible de financer les infrastructures. Maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault avait refusé d’investir dans la rénovation de la Beaujoire pour l’Euro 2016.
Pourtant, et c’est de bonne guerre, nos entreprises en activité partielle en redemandent. Que n’a-t-on dit de Patrice Vergriete, le maire de Dunkerque, lorsqu’il a décidé d’abandonner le projet d’Arena de son prédécesseur ! Mais à la place d’Anne Hidalgo, on réfléchirait à deux fois avant d’embarquer Paris dans l’organisation des Jeux olympiques de 2024. Ceux d’Athènes ont achevé de ruiner la Grèce. Laissons ça aux Américains suréquipés, aux mafieux russes et aux démocrates du Golfe qui font pousser des stades dans le désert. Là-bas, il y en a pour tous les goûts dans les nuances de la mégalomanie.

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