Architecture Technique Pathologie

Les sols carrelés champions des désordres

Mots clés : Démarche qualité

L’Agence Qualité Construction dévoile son bilan annuel de la sinistralité.

A l’occasion de son Rendez-vous annuel en juin dernier, l’Agence Qualité Construction (AQC) a publié l’édition 2016 de « Sycodés », le recueil des statistiques de désordres observés dans la construction (1). Réalisé à partir de plus de 10 000 fiches d’analyse de sinistres renseignées en un an par les experts de l’assurance, notamment pour celle qui concerne les dommages-ouvrage sur des travaux neufs, le document présente le Top 10 des pathologies de la construction : les dix éléments d’ouvrage portant les effectifs et les coûts principaux de la pathologie du bâtiment. Toutes destinations confondues, les sinistres les plus fréquents touchent les revêtements de sols intérieurs carrelés, pour plus de 25 % des coûts de réparation. Les désordres liés aux fondations superficielles, qui affectent surtout les maisons individuelles, représentent quant à eux le coût de réparation le plus important : 33 % du coût total de réparation des désordres en maison individuelle aux dix premières places. Ils sont pourtant à l’origine de moins de 10 % des sinistres en maison mais les coûts de réparation de ce type de dommages avoisinent en moyenne 22 000 euros et peuvent dépasser 51 000 euros pour des désordres de fondations sur sol argileux.

Chercher les causes

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Les fissurations et les décollements de carreaux constituent la majorité des désordres affectant les sols carrelés. Généralement, les produits eux-mêmes, fabriqués selon des critères standardisés et passés au crible de certifications (classement Upec), ne sont pas à l’origine des désordres. Il faut plutôt chercher les causes dans l’environnement de l’ouvrage et dans la mise en œuvre des revêtements. Pour expliquer l’apparition des fissures, les experts avancent souvent l’absence ou l’insuffisance de joints de fractionnement ainsi que l’absence de joints périphériques. En plancher chauffant, les variations de température dans la chape génèrent des mouvements de celle-ci, qui eux-mêmes entraînent des efforts au niveau du carrelage. Les fissurations de carreaux sont plus souvent dues à des retraits de chape. Plusieurs précautions permettent de prévenir ce phénomène. La première consiste à accorder à la chape un temps de séchage suffisant après sa réalisation (deux à trois mois dans l’idéal). Difficile à concilier avec la réduction des délais de chantier. « Une autre possibilité, peut-être plus réaliste, est de réduire les dosages en ciment, sans affecter la tenue mécanique de la future chape », propose l’AQC.

Les décollements de carrelage sont quant à eux imputables à la mise en œuvre, à commencer par un mauvais encollage. Il est recommandé d’appliquer la colle à la fois sur le support et en sous-face des carreaux. Une autre cause incriminée est la mauvaise préparation du support, notamment lorsqu’il s’agit d’appliquer un enduit de ragréage. « Son temps de durcissement doit être scrupuleusement respecté car, s’il est encore trop frais, il n’offrira pas la meilleure adhérence au revêtement », préviennent les experts. Enfin, avant le collage des carreaux, le support doit être parfaitement propre pour que des poussières ne nuisent pas au pouvoir adhérent de la colle. Les décollements peuvent aussi avoir pour origine une erreur dans le choix du primaire d’accrochage, qui diffère selon le type de chape en présence. Les chapes anhydrites à base de sulfates nécessitent des primaires spécifiques, différents de ceux appliqués aux chapes ciment.
« Les fondations gagneraient à faire l’objet de travaux préventifs dès la phase d’aménagement des sites de construction », martèle l’AQC. Elle estime que l’étude de sol préalable devrait être systématique pour éviter les sinistres sur les fondations superficielles qui sont les plus coûteux. Les fondations sur sous-sols hétérogènes constituent la première cause technique de désordre dans le résidentiel. Les maisons individuelles sont pour la plupart fondées sur des semelles en béton armé ancrées à faible profondeur (0,60 à 1,50 mètre), sans étude de sous-sol préalable. « Cette étude n’étant pas obligatoire, elle n’est réalisée que pour une maison sur quatre », estime un expert. Sous l’effet du poids des ouvrages, le sous-sol subit un tassement différentiel : le mouvement de sol soumet alors la superstructure du bâtiment à des contraintes (traction, cisaillement, etc.) susceptibles de fissurer l’édifice.

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(1) A télécharger gratuitement sur www.qualiteconstruction.com

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