Régions Rhin supérieur

Les quartiers des gares s’activent autour de Bâle

Mots clés : Etat et collectivités locales

1,8 Md€ Le montant des fonds européens attribués aux territoires du Grand Est jusqu’en 2020.

192 042 C’est le nombre d’habitants de la communauté d’agglomération du Grand Besançon élargie au 1er janvier 2017.

– 6,9 % de chômeurs en un an dans le secteur de la construction dans le Grand Est (situation à la fin juillet 2016).

Dans l’agglomération trinationale de Bâle à cheval sur la France, l’Allemagne et la Suisse, trois villes de la rive germanique du Rhin relèvent le défi de transformer en lieux de vie des gares frontières qui coupent le territoire. De quoi donner des idées à leurs voisines françaises ?

La commune de Rheinfelden-Baden est la plus avancée. Il y a un an, son « forum de la construction » ( Bauforum ) a fait plancher trois équipes d’architectes, urbanistes, bureaux d’études paysage et mobilité. Il a attribué le premier prix à Luz-Schuster-Schönfuss. « Notre projet repose sur la densification et la valorisation paysagère de l’axe qui relie la gare au centre-ville vers le nord », décrit Wolfgang Lauer, directeur de l’urbanisme de la commune de 32 000 habitants. Les nouveaux espaces verts aboutiront, côté ville, à une zone de rencontre et, côté gare, à la construction, l’an prochain, de 15 000 m2 de commerces, bureaux, hôtel, restaurants et logements pour un montant d’environ 40 millions d’euros, investis par le suisse WoBau (architecte Kuhs). Au sud de la gare, le réaménagement urbain s’organisera autour d’un multiplexe privé de huit salles à bâtir en 2019-2020. Une nouvelle liaison sous la gare doit supprimer l’effet coupure créé par le bâtiment et rendre ainsi possible une continuité d’aménagement au-delà de la frontière, jusqu’à l’autre commune de Rheinfelden, côté suisse.

Nouveau centre. Quelques kilomètres plus loin, à Grenzach-Wyhlen (15 000 habitants), le maire Tobias Benz identifie une « chance historique » : créer près de la gare « le centre-ville qui nous manque, entre les quartiers historiques et la zone industrielle qui s’est développée au bord du Rhin. L’acquisition d’une petite parcelle de 15 000 m2 a fait sauter un verrou qui nous permet de lancer le projet urbain tant attendu ». Le projet Neue Mitte (nouveau centre) se déploiera à l’intérieur d’un périmètre de 2 ha. A la suite d’un concours d’architecture lancé cette année, le conseil municipal a confirmé le choix de l’équipe menée par Salewski & Kretz pour la rédaction, d’ici à l’été prochain, d’un plan directeur. Ce dernier précisera la proposition d’une liaison douce et paysagère sud-nord jusqu’à la Stadthain, un nouvel espace public qui se caractérisera par ses grands arbres. Autour de lui, s’implanteront restaurants, magasins, locaux d’activité et habitations, probablement dans le cadre de concours de promoteurs- investisseurs.

« Nous tablons sur un démarrage de travaux à la fin 2018 », complète Tobias Benz.

Un réseau de 14 gares porte des projets d’aménagement transfrontaliers.

Enfin, à Lörrach, le projet « Am Zoll » (« à la douane ») mené avec la commune suisse de Riehen cherche à la fois à redéfinir une offre de mobilité et à concevoir un aménagement urbain autour de la station de réseau express régional (RER) programmée à la frontière pour le début des années 2020. Le concours d’idées, clôturé l’été dernier, retient en priorité l’approche défendue par l’architecte danois Jan Gehl qui met en valeur un axe nord-sud d’environ 500 mètres.

Densifier l’espace public. Rheinfelden, Grenzach et Lörrach s’inscrivent dans un réseau de 14 « gares actives » ainsi regroupées et dénommées par IBA Basel 2020, le programme décennal d’aménagement de l’agglomération trinationale (lire l’encadré ci-dessous) . Gares actives vise, a minima , des signalétiques et dispositifs d’information communs faisant fi de la frontière. Plus profondément, « l’objectif consiste à animer, améliorer et densifier l’espace public autour des gares appelées à se situer le long d’une même épine dorsale : le futur RER transfrontalier de Bâle », explique Dirk Lohaus, chef de projets à IBA Basel.

Ce regroupement de projets n’est pas exhaustif et d’autres transformations urbaines sont encore attendues autour de gares de l’agglomération trinationale. A Bâle même, par exemple, les Chemins de fer fédéraux, homologues helvétiques de la SNCF, vont aménager à partir de l’été 2017 la place Meret-Oppenheim au sud de la gare centrale, sous la tour signal de 80 m dont ils ont lancé la construction cet automne pour 120 millions d’euros. Ce dernier projet est signé de la célèbre agence bâloise Herzog & de Meuron.

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ENCADRE

32 projets d'aménagement trinationaux

Processus trinational d’élaboration de projets d’aménagement lancé en 2010, IBA Basel 2020 a abouti à la sélection de 32 dossiers sur la base d’auditions devant un comité d’experts techniques.

Exposés au public jusqu’à la semaine dernière, ils sont regroupés sous trois thématiques : « mobilités », « paysages » et « vivre ensemble », qui inclut le projet phare d’urbanisation 3Land de 82 ha envisagé de part et d’autre du Rhin entre Bâle en Suisse, Huningue en France et Weil-am-Rhein en Allemagne.

Les dossiers vont à présent être peaufinés par leurs porteurs en vue de leur labellisation définitive IBA… et, au moins, leur début de concrétisation d’ici à la fin de la décennie.

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