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Les produits biosourcés : des solutions durables pour la construction

Christophe Rupp-Dahlem, président de l’Association Chimie du végétal (ACDV).

Les acteurs industriels de la filière chimie du végétal s’associent à la stratégie nationale bas carbone et participent à la rédaction d’une feuille de route sur la bio-économie.

Quelle est la vocation de l’Association Chimie du végétal ?

La chimie du végétal consiste à utiliser la biomasse pour fabriquer des produits et des matériaux. L’ACDV a été créée en 2007 à l’initiative d’industriels de la filière et du pôle de compétitivité Industries et Agro-ressources (IAR) car il n’existait pas en France d’organisation fédérant l’ensemble de ces acteurs. Nous avons constitué des groupes d’experts en charge de la communication, de la réglementation, du lobbying et de la normalisation. Dans ce domaine, l’ACDV est à l’origine de la norme européenne sur la mesure du taux de matière biosourcée dans les produits, qui devrait sortir fin 2015. D’autres projets de normes portent sur la durabilité des matériaux biosourcés. Des travaux ont été menés avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) pour élaborer une méthode générique d’analyse de cycle de vie.

Le contexte français est-il favorable aux matériaux biosourcés, notamment dans la construction ?

La France possède de nombreuses ressources agricoles dans toutes les filières végétales, du bois jusqu’aux algues, et des agro-industriels leaders. Par ailleurs, via la Loi de transition énergétique, les pouvoirs publics encouragent l’emploi de matériaux biosourcés dans la construction ou la rénovation de bâtiments pour leur aptitude à stocker du carbone (article 14). Une hiérarchie d’usage des ressources, prise en compte dans l’attribution des marchés publics, place en premier les ressources recyclées ou biosourcées (article 144).

Quels sont les débouchés des biomatériaux dans la construction ?

Outre le bois et les fibres de chanvre ou de lin pour le renforcement mécanique, la chimie permet de transformer les huiles et les sucres en intermédiaires et matériaux pour la construction. L’amidon entre pour 10 % dans la composition des faux plafonds. Les isolants en laine de verre intègrent des colles végétales pour assurer la liaison entre les fibres. Depuis quatre à cinq ans, l’urée-formol est remplacée par des dérivés de l’amidon extrait des végétaux. C’est encore une colle à base d’amidon qui assure la liaison entre le plâtre et le carton des plaques de plâtre. Ce sont des solutions économiques durables. Des plastifiants biosourcés peuvent remplacer les phtalates dans les revêtements de sols. Des additifs biosourcés se retrouvent aussi dans les adjuvants des bétons et bitumes (comme retardateurs de prise ou fluidifiants). Enfin, de nouveaux matériaux de performance biosourcés voient le jour pour les murs anti-bruit des autoroutes et le mobilier urbain.

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