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« Les outils classiques d’aménagement sont mal adaptés aux enjeux contemporains »

Maud Le Floc’h, urbaniste, directrice du pOlau-pôle des arts urbains à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire).

A la demande du ministère de la Culture, le pOlau-pôle des arts urbains a réalisé le premier plan-guide « Arts et aménagement des territoires ». Cette étude nationale analyse plus de 300 initiatives à la croisée de la création contemporaine, de l’architecture et de l’urbanisme.

Pourquoi ce plan-guide ?

La création artistique œuvre désormais avec les enjeux d’aménagement (mobilité, écologie, cohésion sociale…). La Direction générale de la création artistique (DGCA) l’a bien compris et nous a missionnés pour recenser et décrypter des initiatives artistiques et culturelles agissant sur les territoires, et inversement. La visée prospective de ce plan-guide doit permettre de documenter les réflexions de la Mission nationale art et culture dans l’espace public (MNACEP), conduite par Jean Blaise.

A qui s’adresse cette étude ?

C’est un document de 500 pages en 4 tomes qui vise les acteurs artistiques et urbains, publics et privés, mais aussi les collectivités locales ou les institutions en charge des politiques publiques.

En quoi l’art peut-il servir l’aménagement ?

La relation n’est pas à sens unique. Je vois une double opportunité dans ce rapprochement. De nouvelles commandes pour la création artistique et de nouveau outils dynamiques de transformation pour les territoires. Car les outils classiques d’aménagement sont mal adaptés aux enjeux contemporains. Le « tout-planification », l’investissement à long terme, les traditionnelles « méthodologies de projets », les outils de concertation et la politique de la Ville dans les quartiers sensibles se sont désynchronisés du quotidien. Cet écart suscite des foyers de contestation qui se radicalisent. Les mouvements récents d’opposition à des projets d’aménagement, les restrictions budgétaires, les questions de transition écologique ou encore le déploiement de la culture du Web 2.0 obligent à trouver des approches plus inventives.

Quelles tendances avez-vous perçues ?

Des thèmes émergents comme le développement durable, les initiatives citoyennes, le numérique, l’innovation économique, les passerelles avec les sciences, etc. mais aussi des signaux faibles, comme des offres d’emploi ou des marchés publics intégrant une dimension artistique. Ces affleurements sont annonciateurs de nouvelles pratiques, voire de nouveaux marchés et d’un nouvel espace professionnel.

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